Le carillonneur
Je pleure sur mon premier amour
comme si la vie s'arrêtait là
Là, juste à la sortie du bois
La forêt où il me faisait la cour.
Je pleure sur mes espoirs déçus
Comme si "après" n'existait plus
Mon coeur était un bouton de rose
Une jeune fille cherchant l'attention d'un père
Afin que plus jamais elle ne s'expose
Aux dents longues de ces drôles de compères
Qui a leur tour cherchent une âme fragile
Et souhaitent la dévorer, proie trop facile
Je pleure pour l'énergie tant investie
A me dégager, accompagnée de mon passé
Et me rendre à l'évidence qu'en fin de compte
Personne ne correspond à mon attente.
J'ai peur de comprendre
Que, pour guéri, j'ai un chemin douloureux à prendre
Refaire ma vie sur ma personne
Sur mes qualités, mes défauts à améliorer
J'ai toutes les ressources en moi, c'est évident
Et pourtant, la seule personne qui refuse de croire en moi
C'est moi.... pourquoi?
J'ai peur de recommencer à bâtir
Autour d'une nouvelle pierre d'angle
J'ai peur d'agir
En fonction de mes réels désirs et de mes choix
Alors que tout discorde au fond de moi.

Je me sens comme une cloche fêlée qui aurait pu donner
Un merveilleux son, mais on ne peut changer
Le fait qu'elle ait été brisée empêche
de frapper au bon endroit
Le son s'évade et meurt à la fois
Laissant un vide après l'appel étouffé
Une frustration, une castration
Le carillonneur alors agit rapidement
Il remplacera et se défait de cette cloche
Il la cache dans un réduit, avec d'autres objets obsolètes
Qui n'ont malheureusement pas pu donner satisfaction.
Mathilde, 18 mars 1999
