Le bonheur? besoin vital et pourtant si rare...
Je veux écrire pour ceux
qui, ou qu'ils aillent, ils sont seuls dans leur tete
même dans la fête
Bonheur vs Malheur. Sujet bateau? Sujet bacho?
Alors soyons plus précis:
Bonne heure vs mauvaise heure? La félicité existe-t-elle sur cette terre (ou ailleurs)? le bonheur et le malheur peuvent-ils être relatifs? Peut-on être heureux dans une situation désastreuse ou catastrophique? Est-cele même bonheur que quand tous les besoins sont étanchés comme une vieille soif?
André Comte-Sponvile, sur la page web qui traite du bonheur dit:
"Qu’est-ce que le bonheur en 2013 ?
La même chose qu’en 2008 ou qu’au troisième siècle avant Jésus-Christ : le contraire du malheur. C’est de là qu’il faut partir. Or, qu’est-ce que le malheur ? Toute période, pour un individu, où la joie semble impossible. On se lève le matin, et l’on sait qu’on ne sera pas joyeux une seule fois dans la journée, on croit même, parfois, qu’on ne sera plus jamais joyeux de sa vie… Ceux qui ont vécu ça en savent le poids d’horreur, de dégoût, de chagrin. Et ils savent aussi, par différence, que le bonheur existe ! Qu’est-ce que le bonheur ? Bien sûr pas une joie continue et stable ! Ca, c’est ce que j’appelle la félicité, qui n’existe pas, qui n’est qu’un rêve, qui nous sépare du bonheur. Le bonheur, c’est le contraire du malheur : je suis heureux quand j’ai le sentiment que la joie est immédiatement possible, qu’elle peut venir d’un moment à l’autre, qu’elle est déjà là peut-être, non pas bien sûr de façon permanente (le bonheur n’est pas la félicité), mais avec cette facilité, cette spontanéité, cette légèreté qui rend la vie agréable. Le bonheur n’est pas un absolu, mais qu’est-ce que c’est bon !"
Le malheur?
C'est quand on a perdu l'espoir, voire l'espérance. Ciel sombre, plombé de pensées tristes ou noires. On ne voit plus, on n'entend plus, on n'entrevoit plus, juste seulement jusqu'au bout de son nez, et encore. On ne regarde, plus parce qu'on est aveugle au monde, dans la souffrance. On porte des lunettes noires. On a l'impresson d'avoir un mur qui nous entourre, nous oppresse parfois et l'espace pour respirer devient minuscule. Même l'air nous agresse dans notre corps... moments de mal heure.
Le malheur?
c'est quand on vit un deuil, quel qu'il soit. La perte de quelque chose d'important ou de quelqu'un d'aimé. Seul le temps permet de sortir du deuil dont, bien évidemment, on connait les étapes mais le coeur lui, n'a pas de raison. Il cherche le ciel, toujours... et là, c'est la pluie verglacée... une douche froide qui n'avertit pas.
Le malheur?
C'est qu'on ne PEUT plus se "surpasser" pour le vaincre, il nous parait trop fort, trop gros, et ca devient angoissant. Nous, les petits David devant l'immense Goliath .
Le malheur?
C'est aussi d'être physiquement en vie, mais ne pas se sentir vivant. Les ombres errent dans le couloir, à la vitesse d'un escargot, toute la journée. Aucun contact avec l'extérieur. Juste nos pensées en boucle qui nous torturent parfois jusqu'à vouloir en finir.
Le malheur?
C'est quand on désespère alors que rien n'a changé et que tout allait bien... on se sent
impuissant et même inutile.
Le malheur?
C'est aussi celui que vous vivez et que je n'ai pas expérimenté. Chacun connait son Goliath mieux que quiconque. André Conte-Sponville en parle très bien dans le passage cité au-dessus.
Et le non-malheur alors? puisque le bonheur est trop bateau....
Témoignage personnel en 2008:
Voici maintenant quatre jours que je goûte à la paix intérieure dont j'avais oublié la saveur si douce...
- écouter un morceau de piano en majeur (assez connu le mineur, merci!), un morceau comme venu du ciel pour nous emporter, le temps d'un morceau plus près des étoiles... mmmm tellement bon. Et la trace de paix qui reste dans mon coeur, en souvenir, comme une collation pour les moments de doutes, de découragement et de lumières sombres.
- Un oiseau qui vient manger dans mon assiette, allez! on partage... Ce serait là une bonne illustration de ce que je n'avais pas compris jusqu'à présent par rapport aux autres: les gens sont comme le moineau: ils ne viennent pas pour moi, ni parce que je suis bien, belle, agréable ou quoi que ce soit, non. Ils viennent parce que, tout simplement, il y a des miettes à manger à ma table. C'est la triste réalité, mais si on s'imagine autre chose, si on attend autre chose dans la relation, la vraie tristesse débarque en trombe: celle qui vient quand on se croit incompris alors que nous ne comprenons tout simplement pas le monde...
L'oiseau a assez mangé. Il repart.
Sans dire au revoir.
Normal. Premièrement c'est un oiseau, il ne parle pas la même langue que nous et deuzio, il est venu pour les miettes et qu'importe si j'étais là ou non. Il aurait mangé les miettes après mon départ si je l'en avais empêché!
La réalité.
Prendre la réalité telle qu'elle est. Et les gens tels qu'ils sont!
Vivre l'instant comme un flash de bonne heure (ou minutes ou secondes)... sans s'imaginer 18'000 scénarios de relations qui n'existeront sans doute jamais...
Se souvenir de ce petit bonheur, parce qu'on n'attend rien, parce qu'on ne l'attend pas, parce qu'il vient du ciel et repart au ciel aussi vite qu'il est venu.
Rien des autres, rien de la vie, rien d'égoïste ou d'égocentriste
Juste moi, ici et maintenant, dans mon environnement. Etre un peu égoïste pour mieux pouvoir donner après...
Qu'est-ce que je peux PRENDRE, qu'est-ce que je peux LAISSER COMME TRACE?
Qu'est-ce que je peux VOIR, qu'est-ce que je peux COMPRENDRE?
Le bonheur alors?
Ce sont d'abord de petits moments volés (?) à la souffrance, de manière ponctuelle, ces petits moments d'éclaircies dans un ciel chargé depuis trop longtemps.
Le bonheur?
C'est apprécier ce qu'on attendait pas quand il vient subitement, aussi gratuitement que fortuitement.
Le bonheur?
C'est de pouvoir rentrer en contact avec les autres dans l'état où l'on est, ne pas cacher ni tromper. Juste pouvoir annoncer: aujourd'hui, c'est un peu un jour sans... et quand même avoir des conversations pleine d'humour, un moment.
Le bonheur?
C'est aussi le non-malheur: comprendre que l'on est pas seul dans la maladie et avec notre maladie. Si on est diabétique, pas de problème, personne ne se pose de questions. Mais si on est malade psychique, le contact est plus difficile, plus jugeant pour ceux qui ne la comprennent pas. Mais ceux qui la comprennent et qui peuvent également en parler, c'est un moment de bonheur!
Le bonheur?
C'est savoir différencier la douleur de la souffrance. La douleur peut être physique (on se casse une jambe), psychique (difficultés ponctuelles ou chroniques) ou un évènement majeur qui nous "casse". La souffrance, c'est tout autre chose, c'est la lecture, le regard émotionnel qu'on porte à la douleur. S'habituer à la douleur, pour moi, c'est possible (on ne se plaint plus juste pour un petit ou gros mal de tête quand on est sous morphine trois fois par jour!), mais s'habituer à la souffrance, c'est tout un apprentissage, long, très long....
Le bonheur?
c'est aussi simplement aimer ce qu'on fait (et non faire ce qu'on aime, très peu de gens peuvent s'en targuer): être dans le plaisir de l'instant, la satisfaction d'avoir fait quelque chose: lire, dessiner, écrire, faire des mots croisés, aimer son travail, aimer passer du temps avec ses collègues, etc...
Le bonheur?
C'est aussi pouvoir jouir de la nature, simplement. En marchant, en courant, en cueillant des fleurs, en embrassant un arbre, en s'émerveillant de la création. Et elle nous le rend bien, franchement.
D'autres diront: et le bonheur dans le mariage ou la relation amoureuse? Je ne suis vraiment pas spécialiste en ce domaine: beaucoup d'échecs douloureux ne me permettent plus d'argumenter à ce sujet.
Il paraît, d'après les autres, que c'est de sentir qu'il y a un lien fort avec une personne, que cela aide à ne pas se sentir isolé, que ca permet de porter les difficultés à deux et de jouir des moments paisibles et heureux à deux. Je crois également qu'on a tous besoin de se sentir utile à quelqu'un...
Et pour ceux qui sont célibataires?
Le bonheur, c'est le sentiment de réussir à exister pour soi-même en tout cas et par soi-même si c'est possible. Il existe énormément de types de techniques pour passer le temps agréablement et à se relaxer. Par exemple la peinture, le bénévolat, la méditation, la relaxation, la lecture, l'écriture, etc....
Bref, ce sont des moments éclairs, aussi bien de non-bonheur que de non-malheur et encore plus furtifs les moments de bonheur (bonne heure) et de mauvaise heure. Parfois, on dit, c'est un mauvais quart d'heure à passer... c'est encore plus optimiste comme vision....
Mathilde
11 mai 2013
