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La mort est le dernier acte du temps mais le premier de l'éternité

par mathilde

publié dans le billet d humeur de mathilde

La place à l'improvisation. Ce soir, je suis mon intuition pour écrire sur la mort .

 

Je viens de lire une phrase sur facebook: "la mort est le dernier acte du temps mais le premier acte de l'éternité".

 

Depuis longtemps je me demande ce qu'il y a après la mort. Et souvent, quand je suis tentée de me suicider, je suis arrêtée par cette question.

 

S'il y a, comme les monothéistes disent tous une éternité, que va-t-on y faire? J'ai très peur de m'y ennuyer! L'éternel ennui ou l'ennui éternel. Ou alors ils ont raison et il y a des merveilles qui nous attendent "derrière" la mort physique.

 

Et si...

 

Et s'il n'y avait rien, mais rien du tout? On commence notre vie, on la consomme et on la termine comme une bougie qui brûle et se consumme jusqu'au bout. S'il n'y avait rien, toutes les "consignes, lois et autres obligations religieuses" n'auraient aucun sens, sinon de tenir en laisse les gens pour mieux les diriger. Combien de personnes ont si peur de l'enfer qu'ils sont prêts à faire n'importe quoi pour ne pas y aller? Je faisais partie de ces gens là...

 

Et si...

 

On restait, sans corps, dans le monde à voir sans pouvoir agir? Des fantômes bloqués dans le monde spirituel. Il y en aurait beaucoup depuis que l'homme existe. Mais un esprit ne prend pas de place, sauf s'il se réincarne dans une personne. Pendant un temps, j'y ai pensé et j'ai vu plein de fantômes qui cherchaient à prendre mon corps, c'était horrible. Mais je pratiquais aussi la sortie de corps donc avec un risque que quelqu'un prenne ma place. j'ai fait bien attention et c'est bien toujours moi qui suis là lol.

 

Et si...

 

Le paradis et l'enfer existaient vraiment?

Qui seraient choisis pour le paradis et qui seraient voués à l'enfer? Chacun y va de sa propre définition du paradis et de l'enfer. Chacun y va de sa propre définition du droit d'entrer ou d'en échapper. Pour certains, les suicidés vont forcément en enfer. Pour d'autres, les kamikazes vont forcément au paradis. Pour d'autres, ceux-qui-ont-tout-fait-juste iront au paradis. Pour d'autres encore peu importe nos actes, c'est la croyance en Jésus-Christ qui ouvre la porte; en Jésus-Christ pour les uns, en Mahomet ou en Bouddha pour les autres.

 

Et si...

On méritait la mort en fonction de notre vie? Ce serait drôlement grave. Je pense aux morts violentes, aux bébés morts d'une mort subite, aux malades incurables, etc... QUI POURRAIT SE PERMETTRE DE JUGER?

 

Comment faire son "marché" dans cette vaste jungle de CROYANCES parfois contradictoires?

 

Personne n'est sûr de rien. Une chose est sûre, c'est qu'on meurt un jour.

 

 

 

Mathilde, le 4 août 2012

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N
Il y a de drôles d'oiseaux de paradis, enfermés dans des cages invisibles... Des oiseaux au cœur d'or qui rêvent de liberté et de vérité... Un monde cru, vibrant de douleur et de poésie... Juste<br /> une halte pour retrouver ses ailes cachées... Et reprendre enfin son envol
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N
C'est drôle, cette phrase sur le mur de Lise m'a fait tilt aussi...<br /> Moi, je pense que chacun s'invente un drôle d'univers et se donne les réponses qui lui conviennent...<br /> <br /> Si vous me permettez, je vous livre ici un texte écrit en octobre dernier et qui se balade dans mes réflexions à ce sujet...<br /> <br /> <br /> <br /> Je ne suis qu'une poussière d'humanité... Comme une étoile qui brille un instant mais qui déjà porte la mort en elle... Je suis vivante...<br /> Et je cherche un sens…<br /> Emil Cioran dans son ouvrage, « de l’inconvénient d’être né » nous dit : Nous ne courons pas vers la mort, nous fuyons la catastrophe de la naissance, nous nous démenons, rescapés qui essayent de<br /> l'oublier. La peur de la mort n'est que la projection dans l'avenir d'une peur qui remonte à notre premier instant.<br /> Il nous répugne, c'est certain, de traiter la naissance de fléau : ne nous a-t-on pas inculqué qu'elle était le souverain bien, que le pire se situait à la fin et non au début de notre carrière? Le<br /> mal, le vrai mal est pourtant derrière, non devant nous. C'est ce qui a échappée au Christ, c'est ce qu'a saisi le Bouddha : «Si trois choses n'existaient pas dans le monde, ô disciples, le Parfait<br /> n'apparaîtrait pas dans le monde...» Et, avant la vieillesse et la mort, il place le fait de naître, source de toutes les infirmités et de tous les désastres. »<br /> Je ne suis pas aussi pessimiste que cet auteur… mais on peut s’interroger…<br /> Naître n’est-il que bonheur ?<br /> Pourquoi naissons-nous ?<br /> Hasard ?<br /> Nécessité ?<br /> D’où sommes-nous venus ?<br /> A quel instant sommes-nous devenus vivants ?<br /> Je ne sais pas ce qui répondrait à mes pourquoi...<br /> Je crois qu’il n'y a pas de réponse hormis celle que l'on se donne à soi-même...<br /> La mort, je me dis ça, n'est que l'autre bout de la naissance... elle n'est pas la fin de la vie...<br /> L'enfant qui naît est déjà vivant... Et je crois que l'homme qui meurt reste encore vivant...<br /> La vie terrestre est une respiration entre le premier et le dernier souffle…<br /> On traverse la mère, puis l'amer... et de ce long couloir qu'est la vie on finit par sortir... expulsé dans un ailleurs dont on ignore tout...<br /> <br /> <br /> Avant de naître, je ne savais pas ce que serait la vie… j’étais dans mon monde clos et chaud… Petit à petit ma place se faisait étroite et parfois des soubresauts étranges m’enserraient au point<br /> que je sentais une menace sourde autour de moi…<br /> Entre parenthèses, Je me demande parfois si le fœtus pense… On sait qu’il ressent… Que ses sens sont déjà éveillés. Il peut voir, même si sa vue n’est pas particulièrement stimulée dans le milieu<br /> utérin, il peut entendre les sons qui lui parviennent de l’intérieur de sa mère et de l’extérieur aussi, il ressent les sensations kinesthésiques… il est capable de percevoir les goûts et son<br /> odorat est en place. Alors à partir de ces sensations, il n’est pas impossible de se figurer que le fœtus doit avoir une vague pensée qu’il ne peut encore appuyer sur le langage et ce qui en<br /> découle comme les concepts permettant d’étayer la pensée… mais en potentialité, la pensée et le questionnement doivent exister… et s’il n’est pas encore possible vraiment de le prouver, on y<br /> viendra peut-être bien un jour…<br /> <br /> <br /> Mais laissons-là cette parenthèse pour poursuivre le voyage vers le premier souffle…<br /> Qui sait ce qui déclenche le processus ? L’enceinte qui me portait, me nourrissait, le seul lieu que je connaissais depuis l’instant où je me suis incarnée, cette forteresse créatrice s’est mise à<br /> trembler et à m’expulser lentement d’abord, puis de plus en plus fort et de plus en plus violemment… J’ai brisé ma poche et dérivé au fil de l’eau vers les rivages de ma destinée…<br /> Je m’invente des souvenirs qui sont pourtant inscrits dans ma chair… la traversée de ma mère…<br /> Je le sais, j’ai franchi un étroit passage, secouée de spasmes… et puis soudain, le froid, la violence de l’air dans mes poumons… le feu de vie… et… la lumière… Un cri, ma première révolte : je<br /> suis condamnée à mourir… tout au bout de ma vie à l’opposé de ma naissance : ma mort…<br /> Je suis en route…<br /> <br /> ***<br /> Comment s’étonner ?<br /> Comment s’étonner de ce que l’on ne se souvienne pas de ce moment ?<br /> Il n’est pas possible de garder la mémoire de ces instants sans sombrer … Se souvenir de sa naissance…<br /> C’est à cela qu’elle pense juste à cet instant… dans ce moment où elle devient animale, une femelle comme tant d’autres dans ce monde des instincts vitaux. Une femme qui met au monde son<br /> enfant…<br /> Tout son corps n’est qu’une immense douleur et elle cherche au fond d’elle ce qui lui reste de force, pas grand-chose, un dernier souffle.<br /> Elle doit le chasser de son monde d’eau et de murmures… il doit s’en aller… Sortir vers la lumière…<br /> Venir au monde !<br /> Elle sent en elle un cri démesuré. Elle garde pourtant le silence, se concentre pour trouver encore de l’énergie… il doit venir… venir vivant !<br /> Elle vit l'urgence, la nécessité que l'enfant devienne lui-même... hors d’elle... L’urgence de lui permettre enfin le souffle… celle de le rencontrer, de croiser son regard millénaire et neuf à la<br /> fois…<br /> Mettre un enfant au monde est un voyage entre douceur et violence.<br /> Acte de folie et d'amour, entre nécessité animale et rêve d'immortalité qui transcende sa propre existence.<br /> ***<br /> <br /> Avant le premier et après le dernier souffle, où voyage donc la vie ?<br /> Selon les conventions scientifiques les plus courantes, la vie humaine commence au moment précis où les deux demi-cellules que sont, le spermatozoïde de l’homme, d’une part, et l’ovule de la femme,<br /> d’autre part, se rencontrent. Elles réalisent ainsi la première cellule d’un être unique qui ne se reproduira jamais plus dans toute l’histoire du monde.<br /> A partir de ce point de vue, on peut donc penser que dès la rencontre de l’ovule et du spermatozoïde, il n’y a plus la moindre discontinuité entre cet instant de la fécondation et ce que chacun de<br /> nous est à ce jour.<br /> Le petit être est constitué “en puissance”, tous les éléments sont là pour son développement. C’est la vie d’un être humain unique qui a déjà commencé…<br /> On connaît de grandes parties de l’avant… ces 9 mois de préparation, de construction du corps… Mais est-ce là le début de la vie ? Ou vient-elle de plus loin encore ?<br /> Le spermatozoïde qui voyage semble bien vivant déjà et l’ovule qui fusionne avec lui n’est pas non plus un corps mort…<br /> Est-ce vraiment à l’instant de la fusion de ces deux cellules que commence la vie ou encore avant ?<br /> Dans son ouvrage « La clé », Gérard de Combat donne une hypothèse qui m’a ouvert la pensée vers un ailleurs du début de la vie… Il propose l’idée que tout est âme… que l’âme du monde se cache dans<br /> chaque cellule, dans le noyau de chaque atome… Mais perdue dans cette immensité, l’âme qui veut expérimenter la vie doit s’incarner. En effet, sans corps, l’âme n’a pas le moyen de ressentir et<br /> sans esprit, elle ne peut pas mettre des pensées sur ce qui est ressenti… Alors, pour faire cette expérience de vie, un peu de l’âme du monde s’incarne dans un corps et mène une vie qu’elle a<br /> choisie à l’aube de son incarnation…<br /> On trouve aussi un peu de cette idée dans l’Oiseau Bleu de Maurice Maeterlink : il parle dans ce conte merveilleux d’un royaume de l’avenir, pays des enfants pas encore nés… Ces futurs enfants,<br /> avec tout leur potentiel d’avenir attendent l’heure… Il y a soudain un temps pour venir et vivre… Un temps qui leur fait peur, mais qui est inéluctable… Le Temps justement leur ouvre la porte de la<br /> vie, alors ils embarquent sur une galère qui les emmène vers leur destin.<br /> Ce qui m’a semblé fort dans cette conception du début de la vie, c’est le fait que nous ayons eu le choix… Et avec ce choix, nous devenons responsables de notre vie et non pas les jouets d’un<br /> destin qui nous imposerait une vie à subir.<br /> Nés du hasard ? J’aime à croire que non…<br /> D’où est donc venue la vie ?<br /> De l’immensité de l’univers à la petite planète terre, la vie s’est répandue et développée…<br /> Hubert Reeves, dans son ouvrage « Poussière d’étoiles », nous dit : « Ce sont les mêmes forces qui organisent l’infiniment grand et l’infiniment petit, les cellules de mon corps comme les<br /> gigantesques amas de galaxies. Je fais partie d’un tout, je suis…. POUSSIERE D’ETOILES »<br /> Selon cet astrophysicien, l'unicité de la matière fait que le moindre de nos atomes a, un jour, été créé au sein d'une étoile, et qu'il y retournera un jour. C'est en ce sens que nous sommes tous<br /> "poussières d'étoiles", univers miniatures doués de cette faculté mystérieuse qu'est la conscience.<br /> La vie, à la fois hasard et nécessité, une constante dans l’univers…<br /> Les découvertes en biologie moléculaire du XXème siècle ont permis d’aller voir très loin au cœur de la nature et aussi au cœur de l’humain… Le fonctionnement de l’ADN et de sa structure ainsi que<br /> le décryptage du génome humain ont permis d’aller dans l’infiniment petit de ce qui nous compose… Les biologistes moléculaires proposent deux principes fondamentaux pour définir les phénomènes<br /> biologiques : ils sont à la fois réductibles aux lois physico-chimiques et donc régis par leur nécessité, mais ils ne sont pas déductibles de ces lois, car seul le has
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M
<br /> <br /> merci Natascha pour ce superbe commentaire. J'aime à penser comme vous que nous sommes poussières d'étoile et que c'est là que nous retournerons à notre mort terrestre. J'ai besoin de me faire<br /> une idée sur ce qui m'attend après la mort, comme une obsession, comme une position comme une libération. Cette réponse de la poussière d'étoile me satisfait pour le moment. Merci beaucoup pour<br /> ce texte très très riche et magnifiquement écrit. Vous devriez aussi vous lancer dans la publication de vos textes... bonne vacances Natascha.<br /> <br /> <br /> <br />