Il ne suffit pas de parler pr dialoguer
Mardi 22 janvier 2008
Il ne suffit pas de parler pour dialoguer
Emetteurs, ouvrez grands vos écoutilles! Récepteurs, ne
souffrez plus des longues tirades de votre interlocuteur! Parler c'est bien, dialoguer, c'est mieux!
Des expressions courantes sont locaces:
Parler pour ne rien dire...
Tenir le crachoir...
Tourner autour du pot...
parler jusqu'à plus soif...
Etaler sa vie...
La connaissance, c'est comme la confiture: moins on en a, plus on l'étale...
etc etc...
Pour certaines personnes, parler (émettre), c'est déjà un défi de taille: timidité, sentiment d'infériorité, mauvaise estime de soi. Mais "émettre" n'est pas suffisant. Encore faut-il émettre à
bon escient et rester récepteur en même temps.
D'autres émettent à tout-va, sans se soucier de comment leur interlocuteur recevra ses paroles. Il y a, encore dans cette catégorie plusieurs sous-groupes:
- ceux qui émettent des informations sans lien avec la discussion
- ceux qui émettent des témoignages personnels, les mettant en avant sans chercher la discussion
- ceux qui n'émettent que sur invitation, n'entrainant pas de discussion mais impossible de les faire taire une fois qu'ils sont en route.
Comment cela est-il perçu par l'interlocuteur?
Mal, je vous le dis. Dans les 3 cas de figure, le récepteur aura juste l'impression que celui qui parle se justifie, se met en avant (parfois pour se rassurer) ou veut en mettre plein la
vue...Etre en face d'une "radio" débitant des informations, intéressantes ou non et qui n'ouvre pas la discussion, c'est non seulement fatiguant, mais aussi attristant à la longue. On pense
alors: quand est-ce qu'il/elle aura fini? ou alors on développe des techniques de survie: il/elle parle mais je pense à autre chose jusqu'à ce que ca finisse... Dommage...
Et puis, il y a le dialogue, l'échange d'idées, d'émotions, de questions, d'opinions, d'informations amenant à un partage.
Quelles sont les bases d'un véritable dialogue?
Quelques pistes:
- Etre prêt à rencontrer l'autre dans une ouverture d'esprit qui nous fait "prendre le risque" de le connaitre en profondeur ET de se faire connaitre en profondeur.
- Ecouter l'autre, vraiment afin que la discussion avance. Ecouter ce qu'il dit, la manière dont il le dit et poser des questions si on ne comprend pas.
- Etre prêt à faire évoluer son point de vue si les arguments de l'autre sont valables et le dire!
- Partager ses émotions. Dire "ce que tu me dis me met en colère" ou "je trouve cela choquant" ou "oui, j'aime bien cet argument" est très important pour le partage.
- Ne pas répondre par des oui ou non uniquement, mais poser des questions ouvertes qui donnent lieu à un échange.
- Avoir envie de continuer la discussion, même si on pense que l'autre n'est pas sur la même longueur d'ondes
- Scrupter les signaux de fatigue de son interlocuteur: suis-je en train de faire un monologue? le sujet l'interresse-t-il? Fait-il des gestes discrets de
lassitude? ou au contraire fait-il des gestes d'intérêts (se pencher en avant, regarder dans les yeux attentivement). A-t-il envie de continuer cette discussion?
- Comment se termine le dialogue? en as-tu retiré quelque chose personnellement sur quelque domaine que ce soit? L'autre est-il satisfait de l'échange? Est-on arrivé à un
consensus d'une manière ou d'une autre ou est-ce le point de vue d'une seule personne qui a primé et l'autre s'en sent frustrée?
- Peut-on faire un petit "bilan" de la discussion: y a-t-il eu évolution? y a-t-il eu des solutions envisagées? chacun peut-il repartir enrichi?
Maintenant, je n'ai pas la science infuse. Je suis ouverte à vos propositions, suggestions, ajouts et commentaires à ce propos... dans un but d'échange véritable. Je pense que je reviendrais sur
le sujet car je n'en suis qu'au début de la réflexion à ce propos.
Bien à toi
GlàD
