en panne de batterie
Mardi 17 avril 2007
Je sors d’une rencontre entre chrétiens il y a une heure. J’arrive à la voiture. Tout de suite, je sens qu’il y a quelque chose de pas normal : le verrouillage central ne répond pas… hum. La clé tourne, le moteur ne ronronne pas, mince. J’ai encore oublié les phares !
Alors tout tranquillement, je vais chercher les câbles dans mon coffre… j’ai l’habitude. Deux hommes discutent dans une voiture en stationnement. Allez, courage ! faut les déranger à 22h30 et leur demander gentiment s’ils veulent bien me dépanner. Malheureusement pour moi, ils ont eux-mêmes un problème de batterie. « Bonne chance ! » qu’il me dit le conducteur…
Je vois déjà la suite : le grooos moment de solitude : téléphoner au TCS pour demander de me dépanner, attendre au moins 40 min pour 30 secondes de dépannage… Le cliché total de la femme au volant. J’adore !
Alors, poussée par mon orgueil, je préfère attendre une autre voiture. Personne. Puis par miracle, une famille sort d’un immeuble, l’homme a ses clés en main. Vais-je oser déranger ? J’hésite… puis pour éviter l’humiliation du coup de fil au TCS, je prends mon courage à pleines mains et j’aborde l’homme aux clés. Tout de suite, il est ok. Il déplace sa voiture, couple sa batterie à la mienne et hop, je démarre. Ouf.
Mais pourquoi je vous raconte tout cela ? Ben ca m’a inspiré ce soir :
Parfois par maladresse ou inattention, on utilise notre énergie à quelque chose d’inutile (quoi de plus inutiles que des phares allumés sur une place de stationnement ?). Cela peut être une activité trépidante mais sans fruit, des pensées automatiques qui nous détruisent, de la haine, de l’amertume, ou tout simplement de l’activisme… Et nous voilà bêtement en panne d’énergie… on ne démarre plus, on stagne, on décourage, on rumine.
Alors dans mon histoire, j’avais les câbles de pontage. Pourquoi ? Ben simplement parce que la longue expérience de la panne m’a appris que j’avais plus de chances de trouver simplement une bonne âme pour ponter que de trouver une bonne âme ET qui a des câbles… 3h30 j’ai attendu une fois… Alors depuis, je me suis équipée, vous pensez !
Et quand on est en panne d’énergie alors ? Ben il est bon d’avoir des solutions de rechange, d’avoir réfléchi avant, d’être prudents, sages… Pour ma part, je sais par exemple par expérience que quand je suis à plat, découragée et assise au bord du chemin, mes « câbles de pontage » sont la lecture d’un psaume et la prière… Je confie à Dieu mon sort et je prie pour qu’Il m’aide. Parfois, je sens que j’ai besoin de quelqu’un pour m’aider, alors je lui demande de m’envoyer quelqu’un ou que quelqu’un téléphone… La plupart du temps, il répond et cela sonne à la porte ou le téléphone sonne…
Une fois, j’étais totalement au bout du rouleau, perdue, sans direction, sans courage et dans le brouillard total. J’ai besoin de rencontrer quelqu’un qui me fera du bien, qui me consolera et me redonnera courage. Je prie et je sens dans mon cœur qu’il faut que je prenne la voiture. Je vais à ma voiture en me disant que je suis ridicule, mais je le fais quand même. Je sors du parking. A droite ou à gauche ? sans attendre la réponse, je pars à droite…. Mmm, il y a un truc qui joue pas… Je sens que je dois partir dans l’autre direction. Je continue à prier - ou devrais-je dire à crier à Dieu ? – « Seigneur, donne-moi quelqu’un avec qui je pourrais partager mes fardeaux et qui me comprenne vraiment ! ». Au prochain rond-point, je fais demi-tour, direction ville. Arrivée en pleine ville, une pensée me dit d’aller à l’église et d’attendre là la personne – j’avais maintenant un nom sur le cœur – J’arrive à l’église. Personne. J’allais partir quand dans mon cœur, j’entends : Attends 10 min et il arrivera. C’est long 10 min quand on n’est pas bien, je vous assure… 9 min, 9 min 30… va-t-il venir ? 10 min. Ben non ! il n’y a personne. Je suis bête, vraiment… Et j’entends une moto arriver et se parquer sur l’esplanade du temple (j’aime appeler cet endroit comme cela). Je sors de la voiture, impressionnée par la précision de la pensée et l’exactitude de la personne qui d’ailleurs n’en savait rien ! Je lui explique le topo, et on a vécu un moment de partages et de prières que je ne suis pas prête d’oublier !
J’avais les câbles… il avait la batterie pleine ! On a ponté, j’ai redémarré…
Si je partage tout cela ce soir, c’est pour t’encourager, d’abord à avoir de la sagesse dans les situations difficiles : avoir des solutions pour ne pas se complaire dans le brouillard et demander de l’aide à des frères et sœurs qui pourront te communiquer un peu de leur énergie, de leur compassion, de leurs dons, de leurs temps de prière…
Et si tu es celui à qui on demande de ponter et que tu as la force du Seigneur, ne refuse pas un temps de relation d’aide demandé avec cœur. En un partage tout simple, tu peux changer le cours d’une vie ! J’ai entendu le témoignage d’une personne qui, par un simple regard de compassion, a sauvé, dans le bus, une personne qui était en route pour se suicider…
Etre à l’écoute du St-Esprit, c’est avoir une batterie rechargée en permanence, prête à partager…
GlàD
