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reportage lilas

ce monde de fous

par mathilde

publié dans reportage lilas

ah ce monde de fous... à la télé, sur la route, au McDo, dans les magaz'

 

on croit avoir tout vu...

 

eh ben non! Figurez-vous que j'ai vu un patient s'amuser à exploser les briquets par terre dès qu'il en avait un en main. Un autre frapadingue dans le sens propre: pas content = se cogne la tête contre le mur, le radiateur, les portes, allez, sur les montants en métal des portes...Pas content!!!il ne s'arrête pas quand on lui dit stop, il ne s'arrête pas quand on lui met la main sur l'épaule. Non, il faut l'intervention ferme d'un ou d'une infirmier(e). Une autre crie la nuit aux méchants qui donnent la morts aux rats et psalmodie à haute voix des psaumes pour conjurer le sort des enfants qui se font violer. Ah aujourd'hui, c'est un jeune qui n'en peut plus d'être ici avec toute son énergie qui s'en est pris à la table de ping-pong comme d'un adversaire au kungfu... ben, j'aurai pas voulu CHOUETTEêtre l'adversaire. c'est les journées moroses rythmés par des repas moroses, déjà eu dix ou vingt fois depuis que je suis là.

 

vous ne me croyez pas vous qui voyez tout dans le poste carré? c'est pourtant bien un visage de la folie , beurk, celle qu'on veut pas voir, allez hop à BI, c'est pourtant bien cette société ci qui produit ces fous-là...

 

tout ca pour vous dire qu'aujourd'hui en particulier, J'EN AI MARRE D'ETRE ICI AUX LILAS!!!

Un infirmier me faisait remarquer que cela faisait longtemps que j'étais là. M..... pas aujourd'hui quoi..... mais la saga n'est certainement pas terminée aujourd'hui car..... c'est Halloween!


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unité de réhabilitation, par le petit bout de la lorgnette (1)

par mathilde

publié dans reportage lilas

je gare la voiture devant une unité adulte de psychiatrie.

L'automne est déjà bien installé et je suis fouettée par des bourrasques chargées de poussière et de feuilles mortes récemment décrochées de leur arbre, en couleur par dizaines.

- Pas idéal pour ce que j'ai à faire, me dis-je

Je me penche en avant pour atteindre péniblement le coffre de la voiture. Je le sors et l'installe sur un chariot que l'unité me met gracieusement à disposition.

- Mince! des marches, le chariot ne passe pas. Et le vent qui redouble ses ardeurs comme pour me dire:

- Tu n'as pas ta place ici!

Que faire? je ne peux pas me permettre de laisser mon matériel sans surveillance.

- Surtout ici, pensé-je fort.

Des personnes rôdent, zônent, un peu perdu, se demandant certainement ce qu'une étrangère comme moi, sans blouse blanche, pouvait bien apporter comme matériel. Surprise....

Finallement, j'entre, aidée du personnel, par la porte de service au bout d'un long couloir. Le bâtiment est formé en étoile avecc pour point central "l'aquarium" comme l'appellent les patient, le bureau des infirmiers.

On vient de m'indiqué le bureau de la cheffe-infirmière. Je traine toujours derrière moi mon coffre à roulettes.

Après un bref entretien, l'infirmière en cheffe m'attribue un aide soignant pour me guider et m'aider.

 

Je sors enfin mon matériel. Une caméra professionnelle sur l'épaule, un trépied si besoin est et... des yeux pour répondre à la demande de l'unité: en effet, l'unité a envie eu de se présentermardi dernier et je suis venue incognito pour découvrir ce monde qui m'était inconnu de la psychiatrie. Alors je suis venue à la présentation, ai discuté avec les soignants et les responsables. Mais derrière les mots et les sourires des soignants, j'ai perçu une souffrandce indescriptible des patients et de leurs proches. Après m'être présentée comme journaliste (ce qui n'a pas plus aux organisateurs), j'ai demandé ce soir-là à pouvoir vivre plusieurs jours parmi les patients et les soignants de l'unité pour me faire une idée. Tout d'abord très réticents à la caméra, les responsables ont accepté ma présence la semaine suivante avec pour consigne impérative de flouer les visages et/ou les voix et de ne citer aucun nom, "ceci dans l'intérêt du patient". J'ai accepté.

 

Et me voilà, caméra au poing dans cette unité de réhabilitation. Début de l'aventure...

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ce p. d'hopital

par mathilde

publié dans reportage lilas

hello les fidèles, ca gaze?

 

pour continuer mon reportage aux Lilas, je vais vous parler d'une personne qui souffre énormément sans que cela se voie. Elle m'a dit un jour:

je vais faire un tableau qui sera intitulé : Hopital psy, voleur d'espoir!

 

Ce soir, avec le blues que j'ai, je ne vais pas être bonne pour une bonne écriture, mais tant pis.

Je suis aussi remonter que cette fille qui s'est "envolée" hors réalité et pourtant peut dire des choses très sensées.Merci les stupéfiants qu'elle a pris toute sa petite vie. Elle a décollé et ne revient sur terre que bien droite à table mangeant proprement. Et à ma connaissance, après 6 mois ici, c'est une des seules...

 

J'ai été regarder son site: elle peignait merveilleusement. Maintenant, ce ne sont que de petites esquisses qui ne veulent rien dire.

- garde le bien hein, un jour tu seras riche grace à cela. Pauvre fille perdue.

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carpe diem 3ème

par mathilde

publié dans reportage lilas

horloge

Carpe Diem

 

Cueille le jour

Avant qu'il ne sombre

 

Carpe Diem

Cueille le jour

Oublie les bouffées noires
des nuits tentatrices

 

Carpe Diem

Cueille le jour
Ici et maintenant

Aujourd'hui et présentement

 

Carpe Diem

Cueille le jour
Si seulement c'était un présent d'amour

Où présent rime avec tendrement

 

Carpe Diem

Cueille le jour

Dans ma prison grise

je regarde au travers de mes barreaux

et je vois de l'espace temps

plus intéressant

 

Carpe Diem

Cueille le jour

Mais difficile de cueillir les fleurs

Dans un grand champ d'orties

 

Et juste avant que ce texte

n'entre dans le passé

Carpe Diem

Cueille le jour

Dire simplement, explicitement

 

Capitaine oh capitaine

 

Ya pas d'autre réalité

quand on

Cueille le jour tel qu'il est

bon ou mauvais

 

Carpe Diem

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Errances

par mathilde

publié dans reportage lilas

errance.jpg

Slam

 

Il y a des errances comme désespérances

et des espérances qui ressemblent à d'la bienveillance

Il y a des errances folles, qui rigolent, drôles, dingues

Et des pingres, vinaigre, aigre qui ne les voient pas.

 

Quand on erre d'une pierre à l'autre au sol jusqu'au mur d'enceinte

Qu'elle soit enceinte ou qu'il soit gay

Quand on gère une pièce après l'autre pour qu'le temps passe plus...

lentement...

 

Quand notre errance est synonyme de prudence

Et qu'les gens appellent parano

Car à cause d'elles de la société on est banni.

 

Mais là, je me pose

Une question?
Qui a créé ce puit de souffrance?

 

 

Il y a des errances qui donnent aux minutes des heures

Et aux heures des journées fades et sans goût...

Les bruits familiers des clés clochettes

Dans les poches des infirmiers

Les cris d'une qui plann'sans s'demander plus jamais si elle erre

puisqu'elle ne gère plus.

Des soupirs hurlant de souffrances intérieures
Des mots incohérents qui sortent des bouches... bées

Béantes, géantes

 

Mais là, je me pose

Une question?

Que disent-elles vraiment?

 

Elles crient "au secours, faites quelque chose pour moi! je n'y arrive pas"

 

Et quand on côtoie l'errance mentale quotidiennement

Il faut tenir, survivre, ne pas se laisser amporter

Par l'vent du Nord, froid glacial

de la folie que d'autres appelent douce

 

Mais là, je me pose

Une question?

Dans mon récit, entendez-vous l'espérance?

 

 

 

Mathilde, le 9 octobre 2010

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Riche journée dans une pauvre vie

par mathilde

publié dans reportage lilas

Comment décrire cette journée  ?

Émotive ? Chargée ? En progression forte ? Studieuse ? Tellement de choses à raconter ce soir…

Des choses ? Soyons moins vague :

Un départ important : Mily est partie définitivement ce matin. Elle ressemble terriblement dans le comportement et l’attitude à ma fille de cœur. Sauf que, elle, elle n’a pas une mère pour la soutenir alors qu’elle crève de trouille pour élever sa fille de 4 mois et que l’assistance veut lui enlever son droit de garde. Et moi, pépère, je suis là, juste au bon moment, au bon endroit, pour la soutenir comme une petite maman de remplacement. Oui, je sais, on ne remplace JAMAIS une mère ou un père, qu’il ou qu’elle soit mauvais dans la communication avec son fils ou sa fille ou parfait jusqu’au bout. Mais là, tout à coup, on était bien ensemble et je ne peux compter le nombre de fois où je l’ai juste prise dans les bras quand elle pleurait ou dit une petite phrase pour l’aider à passer un cap…  J’espère que je pourrais faire cela avec mes enfants quand ils m’auront pardonné d’avoir attenté à ma vie…

Le début de mon premier scenario : Ca y est, c’est parti. J’ai maintenant les base théoriques pour faire un bon scénario, maintenant, allez hop, j’y vais, je fonce dans la pratique. Cela demande beaucoup d’outils différents, les uns aussi importants que les autres : la base théorique appliquée, de la créativité, de l’imagination et un gros travail de recherche. Je vous tiens en haleine… de quoi s’agit-il ?

C’est l’histoire d’un mec, un grand-père qui, après avoir réuni sa famille, raconte son histoire, euh non pardon ses histoires, car cet homme, incroyablement, se souvient de 3 réincarnations et raconte…. Le reste, je le garde pour le scénario. Cet après-midi, alors que j’étais un peu fatiguée de chiffonner du papier parce que je ne trouvais pas exactement l’ordre ni les mots, je rêvais, pour la première fois de ma vie à me voir rassembler une troupe de théâtre et mettre en scène mon histoire abracadabrante. Faire une première avec les autorités de Genève par exemple au petit casino-théâtre ou autre… Puis faire une petite tournée en Suisse romande. Mais il y a énormément de boulot avant de réaliser ce rêve et je ferai tout pour le réaliser. J’étais excitée et enthousiaste de ce rêve qui parait si fou aujourd’hui et qui sera, inch’Allah, une belle réalité demain.

Une image forte de l’hospitalisation : Lors de l’entretien du soir, j’ai demandé à l’infirmier référent quels critères il me manquait pour entrevoir la sortie ? Il m’a donné une image très forte pour mois : vous êtes comme dans la file d’attente des avions sur la piste de décollage : d’abord le traitement doit être stabilisé ainsi que la gestion des émotions fortes. Ensuite, la gestion des sorties doit être maitrisée (petit à petit sortir plus) ; il faut prévoir un logement et s’y insérer petit à petit, le suivi à l’extérieur doit être mis en place et les occupations doivent être consolidées. Il me dit que maintenant que je suis sortie de la zone dangereuse, je suis comme un avion qui attend sur le tarmac, dans la file d’attente pour décoller. Un jour, ce sera mon tour. Ca m’a fait tellement de bien, un baume sur le cœur alors que l’hospitalisation est douloureuse. 5 mois déjà…

Une prise nouvelle de conscience : Je réalise que je suis, en tant que personne, la dépositaire personnelle de mon nouveau contrat avec les enfants : moi, telle que je suis, comme un lampion qui brille dans la nuit, jusqu’au bout de la nuit. J’ai brisé le premier contrat, je ne briserai plus jamais mon second contrat avec mes chers et tendres enfants. C’est une décision définitive. Là aussi, grosses émotions dans le désert que je traverse en ce moment. Je vois une oasis, eux et  moi, moi et eux, dans une nouvelle dynamique que personne ne pourra entraver que eux ou moi mais personne d’autres.

Voilà, c’est pas mal pour un jour tout seul. CARPE DIEM est très riche aujourd’hui.

J’avais ce soir envie de livrer mon cœur. C’est pas tous les jours qu’il y a autant d’émotions, de prise de conscience, de début de nouvelle carrière, etc… et même si je n’ai plus 20 ans, j’ai encore des choses à vivre pour moi toute seule, en restant très attentive à mes enfants, mais ca j’en parlerai un autre jour… bonne nuit les petits… le marchand de sable est en train de passer pour moi…

 

 

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le barjot du marteau livré aux psychiatres... fait divers, sale réalité

par mathilde

publié dans reportage lilas

hello les amis du net qui me suivent sur mon blog. d'abord un grand merci de continuer à lire mes écrits parfois découragés, donc peut-être décourageants... Ma mère me disait toujours: tu es fatiguée donc tu es fatiguante... peut-être est-ce là aussi le cas?

 

Bref, aujourd'hui, j'écris à propos d'un titre de journal de m.... gratuit donc.

 

Nous avons eu un groupe dit thérapeutique qui s'appelle "presse". Dans ce groupe, chacun prend un journal d'aujourd'hui et pendant un quart d'heure, on lit et on choisit chacun un article qui "nous parle". Moi, évidemment, j'ai pas pris la naissance d'un petit panda dans le zoo de la garenne...

 

j'ai pris un article pour faire un peu "pavé dans la marre" comme d'hab.

"Agresseur livré aux psychiatres". J'ajoute juste une phrase de l'article qui est plutot un entre filet de 12 misérables lignes: "Il s'agissait de définir si son acte résultait de troubles de la personnalité ou, ..., d'évènements survenus dans sa jeunesse et du stress postraumatique qui en a découlé". Le type a défoncé la gueule à coups de marteau et l'a défiguré il y a deux ans. on pourrait paradigmer des heures sur le fait que, tout de suite, c'est d'un psychopathe peut-être dont on parle et qu'il va "éviter la prison" en passant par le start Unité carcérale de BI.... mais là n'est pas mon sujet.

 

C'est le mot qui frappe, et pour une fois pas la photo qui choque. Le mot LIVRé      aux psychiatres. Pourquoi pas livré aux lions ou livré comme une livraison de viande? Cet homme est hors norme, pas de doute. Mais Livré aux psychiatres, quand on connait ce que c'est qu'une expertise psychiatrique et qu'on se souvient, oui m'sieu dame, que la psychiatrie n'est pas une science exacte, c'est plutot livré au public dans l'arène. Je ne défend nullement le forcené qui est en fuite depuis plusieurs jours, mais traquer une personne et la livrer comme une lettre à la poste pour le bon destinataire: BI, j'aime pas!

 

Et moi je dis, aujourd'hui, si on continue à me laisser là où ce genre de personnes ont été livrées (et il y en a dans mon unité!), c'est moi qui risque un jour d'être dans l'arêne, livrée en spectacle!

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un lundi pas si comme les autres aux Lilas

par mathilde

publié dans reportage lilas

coucou à mes lecteurs!

le reportage est pas facile à faire! je pensais pas que c'était si dur.

 

aujourd'hui, lundi 20  septembre 2010.

 

Un lundi comme les autres lundis:

 

Lundi réveil. 8h, debout là-dedans. Moi, comme d'hab, insensible à l'appel de l'infirmier.

Lundi action! (prononcé à l'anglais: Aakchon!). Des activités comme l'ergothérapie. En fait tu bricoles pendant ces temps. J'ai fini un grand foulard avec des gékos plein. Il est si sympa que je vais l'encadrer et le mettre au mur pour décorer mon gourbi.

 

Lundi discussion. On peut parler de ce qu'on veut... en général, je donne le ton... Malheureusement car les autres NE PARLENT PAS. Non, non, même pas au groupe "discussion".

Lundi. Ah oui, une chose a changé : Malibu est arrivé depuis quelques jours just’après que Papa Shrek soit parti. IL PARLE, ILRIGOLE ; IL JOUE, etc. et surtout, il ne se LAISSE PAS ALLER ! Si j’écris tout cela en majuscule, c’est qu’en le voyant arriver et comment il regarde les autres (ce n’est pas sa première visite dans cet Institut de Belle Ile en Mer), il dit : je me force à garder le moral et à NE PAS LEUR RESSEMBLER.

Oh combien il a raison ! et moi qui disait la même chose avant, petit à petit avec le temps, j’ai doucement glissé vers eux : plus de bonnes manières, zéro. Les clopes par terre au lieu d’être dans le cendrier… et tant d’autres minuscules choses insidieuses qu’on ne voit que depuis le dehors mais plus au-dedans !!!!!

avenirAlors ce lundi est particulier. Hier, j’ai décidé de me reprendre en main, de ne plus me laisser aller vers la catatonie ambiante. J’ai rangé ma chambre en plus des activités normales. J’écris sur ton mur cher blog et j’ai recommencé à travailler sur moi. A me prendre des temps joyeux seule et à profiter de la vie comme elle vient, ici et maintenant. Peut-être est-ce ca la réponse que je cherchais tant : Carpe Diem. C’est une philosophie qui me plait à donf !

Pour cela je dois remercier Monsieur Pompon car à la dernière cigarette du soir sur la terrasse bien rafraichie (demain c’est l’automne), celui-ci m’a demandé ce que voulait dire Carpe Diane. Cela veut dire qu’il a vu mon tatouage du bas du dos…. Alors je lui ai expliqué carpe diem et ma philosophie qui s’y rajoute que j’adore la nature, le soleil, la lune, et Diane, c’est pour moi le nom de toute cette belle nature. Voilà pourquoi sur mon tatoo est écrit Carpe Diane…… vous pouvez voir mon tatoo ici : http://gallery.triptycs.com/vero/  (il n’est pas encore fini puisqu’il n’y a que le tour. Il sera magnifique quand il sera fini…

Bref, c’est pas le sujet…

Finalement, un lundi comme les autres qui tourne, grâce à de toutes petites choses, un lundi intéressant,

Un lundi bien vécu, un lundi très instructif mais surtout un monstre lundi espoir !!!!!!

 

PS : un nouvel arrivant, le stroumpf à lunettes, est arrivé pour… nous briser les b. Ce rabat-joie plus une autre nous fais fuir loin de la porte de la terrasse… et c’est pénible de devoir vraiment s’isoler un peu pour ne pas leur ressembler !

Bon, je vais regarder un peu de Raymond Devos car il est si fort avec les mots et si je veux faire du slam, faut m’entrainer à bonne école !

Bonne nuit les amis.

 

 

 

nom d'emprunt

idem

idem

idem

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Acte III, scène 6, Leçon d’humilité – millième

par mathilde

publié dans reportage lilas

 

carte eveil 2.4.10 mathilde imagr

 

La fusée , elle qui fait un délire mystique à nous casser les oreilles, à nous réveiller la nuit par ses prières et ses pleurs à la vierge Marie et contre la mort aux rats, oui elle, c’est elle qui me casse, m’humilie : j’avais porté un faux jugement sur elle ! Je ne la voyais que dans ses moments si pénibles pour tous. Classée : dingue, plus rien à faire pour elle…

Et j’ai vu !

Une personne, une soignante, sait lui parler. Elle sait la calmer. Cette personne arrive à tenir une conversation PRESQUE normale avec la fusée. In-croy-able !!!!!! J’ai observé puisque c’était dans le local d’ergothérapie et que nous n’étions que les trois. Et pas juste une fois, mais chaque fois ! discutant un peu plus avant avec la soignante, elle me dit : « c’est normal qu’elle se sente bien avec moi, je la connais depuis…. 34 ans ! la pauvre ». Je comprends mieux cette fusion entre ces deux femmes. Elle la prend en sortie toute seule, par exemple pour aller au cirque. Elle l’a vraiment à cœur et pourtant, c’est pas facile.

Mauvaise nouvelle !

La soignante en question a été envoyée dans une autre unité. Dans 3 semaines, tout changera pour la fusée, ca ne sera pas facile, vraiment pas. Mon seul souhait pour cette femme enfermée vraiment enfermée dans l’unité depuis plus de 3o ans ! Qu’elle puisse trouver une autre soignante avec qui elle sera bien et pourra aussi passer du temps avec elle. Car la fusée ignore le temps comme le nôtre. Pour elle, il faut lui dire quand, quoi manger (sauf quand elle jeune) , quand se lever, quand se coucher et même toute la nuit , les autres sont dérangés par ses prières et ses cris.  

Espoir !

Une soignante est arrivée et s’occupe d’elle Elle prend soin d’elle et choisit des atours qui font d’elle une belle femme de son âge, tous les jours. Elle agit avec patience et beaucoup d’énergie positive pour l’encourager à se sentir belle et fière d’elle. Les autres lui font des compliments désormais. La relève est là pour elle. Ouf !!!

Humilité !

Devant cette femme en plein délire, j’ai CRU que je pouvais la caser dans la case des délirants. Mais c’est d’abord un être humain qui souffre et je l’avais oublié. J’ai pris une belle leçon d’humilité.

 

Mathilde 8.9.2010

 

Nom d’emprunt

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fait-on un plat de la vie en communauté ?

par mathilde

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cascadesOn fait tout un plat de devoir vivre en communauté, par exemple dans un hôpital psychiatrique…. Et c’est plutôt un plat Libanais : il y a une quarantaine de plats différents !

Le mot d’ordre pour survivre dans une communauté non choisie (j’ai déjà vécu l an mais c’était un choix et je connaissais les règles et le fonctionnement avant d’y aller), c’est MODULER, S’ADAPTER.

Il faut, tout au long de la journée, ne pas compter sur les autres. Dès le départ dans le milieu psy  (même aux HUG à l’UPHA), mais après aux Lilas, ils ont été clairs : passez du temps dans votre chambre régulièrement et centrez-vous. VOUS ETES ICI POUR VOUS !

Waichhhhhh ! Facile à dire, pas facile à faire : fumeurs, nous sommes condamnés à rencontrer d’autres fumeurs, par n’importe quel temps, sur la terrasse ou devant la porte. Obliger de saluer au minimum. Même cela, c’est parfois une étape difficile : l’autre ne va pas bien et ca se voit… que vais-je dire si (et c’est 90% du temps) la personne me regarde et me dis NON. J’ai soulevé ce problème dans un groupe de discussion… peut-on ne pas demander comment va l’autres si on est pas prêt à écouter pourquoi il ne va pas ?

Je passe vite les moments communautaires ou 22 souffrances SONT Obligés DE SE CONFRONTER : les repas, certains groupes et le groupe pavillonnaire ou tout le monde regarde le sol et la montre : le groupe dure 45 minutes, les plus looooonnnnnnnngue de la semaine.

Mais il y a aussi le phénomène Bob l’Eponge : je suis au courant d’un problème aigu pour une personne et je porte son problème avec elle… j’ai ainsi vécu des jours ou des heures terribles ou je ne pouvais pas me centrer sur moi parce que je pensais sans cesse à la personne qui devait vi vre un instant difficile, un rendez-vous, une audience, un examen d’école, etc.…

Finalement, c’est là, devant mon écran, en écoutant la ligne de cœur, que je peux me recentrer le mieux. Je suis là depuis 4 mois et demi. J’ai vu des gens partir, d’autres arriver, d’autres revenir puis repartir. Je suis toujours là et fragile comme de l’argile.

Se centrer, sentir au plus profond ce que je vis à l’intérieur
c’est aussi faire silence et apprendre des nouvelles très difficiles à entendre
c’est aussi accepter de se faire soigner, tout en participant activement au traitement dont on est peut-être pas d’accord sur le fond.
c’est aussi se faire plaisir pour soi : se faire les ongles, se maquiller, prendre un bain avec un sel de bain à la cerise. Ecouter au casque de la musique, lire ? Oublie avec les médicaments qui endorment pour, à mon avis aussi, leur f. la paix.  La TV est allumée toute la journée, mais PERSONNE n’est capable de la regarder…. Beaucoup dorment devant.

Le seul véritable endroit social, c’est la cafétéria, que l’on appelle la caf. Dehors, sur la terrasse, avec des pâtisseries dans l’assiette ou du chocolat pour remplacer les câlins…

Parfois, on y va à plusieurs avec un infirmier.

Parfois, j’y vais seule pour étudier une petite heure quotidienne (ca fait déjà une hr d’occupée)

Parfois, on y va en dehors des heures pour boire des VRAIS cafés aux machines faites pour les employés de la gériatrie (HOGER).  Puis on va fumer sur un banc, discuter, rigoler ou discuter sérieusement.

La chambre peut parfois prendre des tournures de prison ou de grand espace seule. Ca dépend beaucoup du moment que l’on vit.

La communauté forcée ou on a pas choisi d’y être, pas choisi de vivre là, pas choisi de rester là longtemps…. C’est pas du gâteau !

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