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contes a mathilde

Illusion ou désillusion

par mathilde

publié dans contes à Mathilde

Il était une fois un bolet

Le plus énorme des champignons des bois.

Il était également fort en goût .

Unique, il le savait et se faisaitillusionsd'énormes illusions.

 

"Si je suis cueilli par le cuisinier du Roi

Il me faut un beau manteau de velours brun

Ou alors je reste tel quel tellement je suis beau"

 

"Ou alors je suis cueilli par un preux chevalier

Unissant ses forces à celles d'autres chevaliers

Dès lors, point n'est besoin de me cacher.

Eh oh! Preux chevalier je suis là.

S'il y avait un danger

Il assurerait ma protection j'en suis certaine."

 

"L'autre possibilité est d'être cueuilli par deux paysans connaisseurs

L'un en genille, l'autre semblant plus en veine.

Un des deux sort son couteau pour ne pas m'arracher le pied

Sinon je ne reviendrai pas l'année prochaine"

 

Mais il reste que le bolet est un bolet et ne peut pas se transformer en citrouille!

N'est-ce pas le comble de la désillusion pour ce bolet?

 

Alors le bolet continua à rêver de Roi, de preux chevaliers et de paysans

Pour contrer la désillusion d'un rêve de citrouille qui n'arrivera jamais...

 

Si ce n'est dans un autre conte...

 

 

 

 

Mathilde, le 23.10.2012

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attention Mesdames et Messieurs (2)....

par mathilde

publié dans contes à Mathilde

Muppet savait qu'il n'avait plus qu'une chance devant lui avec le dernier haricot magique. C'est flippant!

 

Il s'endormit puis le lendemain donna comme d'habitude sa représentation. Quand la tournée des artistes fut finie, il était impatient de retourner en forêt et de réfléchir comment utiliser son dernier voeu. Il s'approcha du patriarbre qui enlaçait sa fortune. Les tiges d'or avaient grandi et grandi en une nuit et paraîent le patriarbre de couleurs flambloyantes jaunes et or.

 

Muppet eut soudain une idée. Il fallait parler au patriarbre. Il ne lui avait encore jamais adressé la parole.

 

- Bonjour patriarbre. Comment allez-vous aujourd'hui?

- Bonjour Muppet. Je vais bien et tu m'as affublé du plus bel habit que je n'ai jamais eu. Merci.

- Pourtant c'était MON haricot magique. Pourquoi la magie a fait que ce soit toi qui en profite?

- Je n'en sais rien. Tu sais cela fait deux cents ans que je suis là et tu es la première personne à me parler. Merci. Les gens, en général passent, admirent mes troncs et mes branches qui par ailleurs me soutiennent. Mais personne ne m'a jamais parlé.

- C'est curieux car tu es majestueux. Tu as du recevoir des compliments j'en suis sûr!

- Oui, mais pas de dialogue. Dis-moi alors Muppet, que me veux-tu car je suppose que tu as un but pour me parler ainsi!

- Ben...J'ai reçu d'un géant vert 3 haricots magiques. Le premier s'est perdu, le second c'est toi qui en a profité. Il reste le dernier et je ne sais pas qu'en faire? Peut-être as-tu déjà vu cette situation ou as-tu une idée?...

 

Le patriarbre réfléchit longuement, si longuement que Muppet en perdit patience.

 

- Bon, tu sais ou tu sais pas?

- Il me semble me souvenir de quelque chose de vaguement similaire mais c'était il y a longtemps et je ne me rappelle pas de tout le processus...

- Dis-moi déjà le début on verra ensuite la fin.

 

- Il faut d'abord que tu fasses un voeu en tenant le haricot dans tes deux mains. Ensuite, va à l'embouchure de l'étang qui se trouve là-bas à 300 pas. Mouille le haricot en répétant ton voeu et écoute ton coeur pour savoir ou le planter. Tu fais un petit trou dans la terre et tu le plantes. La suite, je ne m'en souviens pas...

 

- Merci patriarbre, c'est ce que je vais faire et on verra bien ce qui arrivera.

 

Muppet fit exactement comme le patriarbre le lui avait indiqué et se retrouva au pied d'un autre arbre de taille moyenne cette fois. Il voulu creuser un petit trou mais la terre était si dure qu'il y avait des fentes. Il résolu d'insérer le haricot dans une des fentes et d'aller chercher de l'eau à l'étang pour l'arroser.

 

Aussitôt le haricot planté sortit de terre et en quelques minutes il était devenu plus grand que l'arbre à côté. Il portait des fruits: des haricots... magiques eux aussi.

Et c'est ce que Muppet avait demandé:

 

 

 

Qu'il ne manque jamais de haricots magiques pour faire des voeux toute sa vie. Ainsi il savait qu'il pouvait garder espoir car si quelque chose n'allait pas, il pouvait chercher un haricot magique et demander une solution.... ou faire un voeu...

 

A partir de ce jour Muppet, il demanda premièrement une taille normale ce qu'il obtint instantanément. Il dût quitter le cirque puisqu'il n'avait plus rien à montrer de spécial. Mais il ne manqua de rien et ne manqua pas surtout de continuer à être ami avec le patriarbre doré.

 

Mathilde, le 29 juillet 2012

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attention Mesdames et Messieurs....

par mathilde

publié dans contes à Mathilde

Veuillez prendre tranquillement place, le spectacle va commencer dans un instant.

 

Monsieur Loyal fait la loi dans l'arène poussiéreuse et pourtant passée au peigne fin. Le tapis en plastique rouge est son royaume pour un instant encore.

Les enfants sont excités. Barbapapa, glaces, pop corns en main, ils attendent avec envie le spectacle promis. Les adultes sont contents d'eux et certains arrivent à se remémorer leur enfance, ce qui est très touchant.

 

- Nous voici donc réunis pour cet enchantement qu'est le cirque. Jongleurs, dresseurs, acrobates, magiciens, clowns sont tous là pour vous emmener vers demain. Car le thème de la tournée est "et si... demain"?

 

Accueillons Mesdames et Messieurs, chers enfants, le clown Muppet, sous vos applaudissements.

 

Muppet est un géant! il fait presque 3 m de haut. Il cabriole quand même malgré je dirai son handicap et c'est toute la magie de son numéro. Puis soudainement à la fin, il devient un nain et fait le tour de l'arène comme un feu d'artifice final.

 

Muppet quitte l'arène aussi vite qu'il quitte son sourire d'artiste. Il est très malheureux. Le fait qu'il soit en fait un nain déguisé en géant l'attriste beaucoup. Il a déjà été voir des rebouteux pour qu'ils lui allongent les jambes, mais catastrophe, ce ne sont que ses jambes qui ont poussés, pas le reste. C'est comme s'il avait une taille maximale qu'il ne peut dépasser.

 

Muppet, de son vrai nom Muppet (ses parents adoraient le Muppet's show) rentra dans sa caravane qui avait été aménagée pour un nain. De cette façon, il était totalement autonome. Mais si seul.

 

Un jour, il rencontra une fée qui lui demanda de faire 3 voeux.

 

Il réfléchit bien avant de les dépenser. La fée trouva le temps long, long, si long qu'elle s'en alla de dépit tellement il n'arrivait pas à se décider.

 

Une nuit, il rencontra un hibou qui lui dit: ne t'inquiète pas, tout va s'arranger, il faut un peu de temps. Il pensait souvent à cette nuit étoilée où le hibou s'était posé carrément à sa fenêtre et lui avait parlé en le rassurant.

 

Puis il rencontra un géant vert  qui eut du mal à se pencher. Il lui donna 3 haricots magiques et lui dit de les planter.

 

Et ce soir justement après la représentation, il eut envie d'en planter un. Il partit du campement du cirque et alla dans la forêt adjacente. Il ne savait pas comment planter un haricot magique, personne ne le lui avait dit. Alors il le jeta très fort par terre, mais rien ne se produit, sinon que le haricot disparut. Il fut déçu et rentra dans sa caravane ce soir là en espérant revoir le géant pour lui demander la recette.

 

Muppet se creusa les méninges et repartit avec le deuxième haricot magique dans la forêt.

Cette fois, il le posa délicatement au pied d'un arbre bicentenaire (un patriarbre) et lui parla tout doucement:

- prends bien soin de mon haricot magique et je reviendrai demain.

 

Le patriarbre déplaça une de ses racines et entourra le haricot magique de tous ses soins. Un orage providentiel éclata cette nuit là, fécondant le haricot.

Le lendemain, Muppet revient vers le patriarbre et vit une pousse en or enlacée dans ses racines.

- Je suis riche, fit Muppet! Mais le patriarbre ne l'entendait pas comme cela. Les deux tiges et racines étaient enlacées à tel point qu'il était impossible de les défaire. Muppet entreprit d'arracher au moins la partie superficielle. Mais dès qu'elle fut coupée, elle disparut.

 

Quand au troisième haricot, la suite au prochain épisode...

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Will le mouton moche - courageux

par mathilde

publié dans contes à Mathilde

Toujours très proche de mon berger, moi, Will le mouton moche, avais à affronter tous les jours le regard des autres moutons. 

- comment le berger peut-il laisser faire cela?

- Il garde auprès de lui le mouton moche!

- Quelle honte enfin! 

- Quelle image donnons nous aux autres troupeaux? 

- etc.

Les regards courroucés étaient vraiment humiliant pour moi. 

 

Mais un jour, le berger nous laissa tous à la bergerie pour aller chercher une brebis égarée. Nous nous sentions pour la première fois tous punis parce qu'une brebis égarée retient plus l'attention que le troupeau entier. Tous, moches ou magnifiques, nous nous sommes fâchés lorsqu'il est revenu avec la brebis dans un sale état. Il pansa ses plaies et resta auprès d'elle plusieurs et nous devions nous contenter de foin pendant ce temps. Tous ne trouvions pas normal cette situation. 

 

Alors je me suis fait le porte-parole de tous et j'ai demandé au berger pourquoi il agissait ainsi et exprima directement la jalousie collective. Silence.

- Vous, vous êtes dans la bergerie dont à l'abri et je vous fait aussi confiance. Mais la pensée que le mouton perdu tout seul quelque part soit en danger m'est totalement insupportable. Je veux tous vous garder et n'en perdre pas un seul, dans quelqu'état qu'il soit. Ne soyez pas jaloux de ceux qui tombent dans les pièges, vous ne connaitrez jamais leurs souffrances. Et c'est tant mieux. 

 

Tous les moutons se turent et baissèrent leur tête avec honte... puis la relevèrent avec joie:

- Cela veut-il dire qu'on sera toujours proche de toi? C'est merveilleux. Si je chute, je suis absolument certain de me faire secourir...

 

Et voici comment les regards accusateurs envers moi changèrent et tous oublièrent mon enveloppe corporelle et me montrèrent que j'étais comme eux et l'un d'eux.


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Will le mouton moche

par mathilde

publié dans contes à Mathilde

 

 

Je m’appelle Will. Je suis un mouton appartenant à un troupeau merveilleux: on aime rester tous ensemble et entendre la voix du berger qui nous guide. Il y a Garry, le chien qui nous rappelle à l’ordre lorsqu’on s’éloigne un peu du troupeau. Mais moi, Will, j’aime n’en faire qu’à ma tête. 

 

Un jour, j’ai détourné l’attention de Garry pour aller me promener seul un peu plus loin. J’entends toujours la voix du berger qui nous appelle pour nous compter avant la nuit. Mais je continue mon chemin solitaire, insouciant du danger qui me guette: le loup n’est pas loin, tapis, attendant l’occasion d’attaquer. La promenade est très agréable. Je n’entends déjà plus la voix du berger ni les bêlements de mes congénères. Et puis voilà, dans la nuit, ma patte glisse et je tourne boule dans la pente, me cassant une patte contre un rocher.

 

Là, je commence à regretter ma balade. Mais il est trop tard. J’entends le loup hurler pas très loin.Il me faut un abri pour passer la nuit. Je sais que si j’appelle, le berger ne m’entendra pas, par contre, le loup...

 

Je descends encore un peu dans la pente et découvre une caverne. Je m’installe à l’entrée en attendant le lendemain pour réfléchir comment faire pour retrouver le troupeau. J’entends alors au fond de la caverne des chants et devine de la lueur. Elle m’attire. J’entre courageusement  plus profondément dans le trou et me cache pour observer ce qui se passe. Un feu énorme est allumé et de belles créatures tournent autour du feu en chantant. Certaines sont des fées qui volent, d'autres des lutins rieurs, d'autres encore des femmes magnifiques. C’est agréable comme atmosphère alors je m’approche encore et une paix intérieure m'envahit. Autour du feu  quelque chose brûle au milieu.

 

Alors que je suis complètement abasourdi par ce que je vois et j’entends, quelqu’un me caresse gentiment et me salue. Je le salue également gentiment et il me dit que ce serait bien de venir participer à la fête. Je me joins à eux, oubliant le troupeau, le berger et Garry. Je suis totalement envouté par l’ambiance pleine de lumière et de liberté. Je me sens bien. Mais je n’ose m’approcher trop près du feu. Je reste un peu en arrière, sous la protection de la créature qui m’a trouvé. J’oublie le temps. Je suis resté là longtemps, ensorcelé par la lumière et les chants. Je me sens bien. La créature me demande si je veux me joindre à eux pour toujours. Je suis tellement bien que je dis oui. Alors sans avertir, la créature me marque au fer chaud dans l’oreille. Je suis surpris mais j’accepte.

La fête ne se termine pas. La joie qui est dans cette caverne me remplit totalement, pourtant quelque chose dans ma conscience me dit de faire attention. Je ne sais pourquoi, c’est génial ici.

 

La créature me soigne ma patte cassée. Je suis dans une petite niche très agréable où on me sert à manger en abondance. Je suis ravi. 

 

Un jour, ma patte est guérie. J’ai envie de m’approcher du feu et voir ce qui brûle et sent si bon. Quelle n’est pas ma surprise quand je me rends compte que ce qui tourne sur une grande broche est un ... mouton! Je prends peur et comprends la gentillesse des hôtes de cette caverne. Je veux fuir mais je ne sais plus où est la sortie et la marque qui a été faite est spéciale: c’est comme une puce GPS: dès que je bouge, la créature qui m’a trouvé apparait et très gentiment me ramène dans ma merveilleuse niche. Je ne sais plus que faire.

 

Alors de toutes mes forces, j’appelle le berger et Garry. Cela fâche la créature qui devient beaucoup moins gentille avec moi. J’appelle et j’appelle, mais personne ne vient. A cause probablement de cela, on m’emmène près du feu et me prépare à m’embrocher quand l’autre mouton sera cuit. Je suis au centre de la fête. Je suis frôlée par des centaines d’esprits et de créatures qui sourient. Mais dans leurs yeux, ils ne voient en moi plus que le mouton qu’ils vont dévorer bientôt. J’appelle encore. toujours rien.

 

Arrive le moment où je suis embroché. Les chants redoublent d’intensité. Je suis aspergée du sang du mouton précédent. C’est froid et dégoutant. J’appelle et j’appelle encore Garry et le berger. Je désespère. C’est fini pour moi. Quelle idée ai-je eu de quitter le troupeau? Je vais mourir seul et abandonné dans l’antre du mal. Au moment où on me met sur le feu, j’entends une voix haute et forte qui crie: enlevez-le tout de suite de ce feu. Tout le monde est surpris. La personne qui crie est mon berger. Ici, tout le monde tremble devant lui. Ils me lâchent dans le feu et s’enfuient rapidement, se cachant dans des niches ténébreuses. Silence. Il n’y a plus un bruit si ce n’est ma chair qui brûle alors j’hurle de douleurs. 

 

Le berger me sort du feu et éteins les flammes sur moi en me trempant dans l’eau du puits qui se trouve juste à côté. Je m’évanouis tellement j’ai eu d’émotions en si peu de temps.

 

Quand je me réveille, je suis dans la bergerie. Le berger est auprès de moi et me sourit. 

Mes poils sont totalement brûlés et plusieurs parties de mon corps portent les traces de brûlures. Toutes les parties sont pansées et je n’ai absolument plus mal. Mais je ne peux pas bouger. Le berger a choisi de rester près de moi le temps que j’en aurai besoin et le troupeau resta dans la bergerie. Certains de mes congénères râlaient de ne pas pouvoir sortir à cause de moi. Mais le sourire réconfortant du berger me fit oublier la jalousie des autres moutons. 

 

Je portai sur moi les traces indélébiles de cette expérience malheureuse puisque mes poils ne repoussèrent pas là où j’avais été brûlé. J’étais moche et donnait moins de laine, mais j’étais comme le préféré du berger qui ne manquait pas de me traiter comme les autres.

 

Je promis alors au berger de ne plus jamais m’éloigner du troupeau, j’avais vraiment eu une expérience trop traumatisante... Et en effet, moi, Will, je restais tout près du berger le reste de ma vie...

 

 

Mathilde, le 2 juin 2011

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Le maître est celui qui connaît la fin

par mathilde

publié dans contes à Mathilde

conte commandé pour une publication avec un thème: "un monstre dans sa tête" et une limite de mots (250-300) serrée. 

 

Le maître est celui qui connaît la fin. 

 

 

Il n’était pas une fois un dragon terrifiant contre un prince charmant courageux dans une histoire romantique et avec une fin à l’Américaine: Les méchants sont punis, les gentils sont heureux pour l’éternité...

 

Mais plutôt c’est l’histoire d’un pauvre homme qui avait perdu la raison et était traité comme le fou du village. Etait-il fou cet homme qui parlait à un personnage invisible? 

Il était parfois triste et découragé, très fatigué d’avoir à s’occuper de «son» monstre dans la tête. Car son ennemi le rongeait de l’intérieur. Il n’arrivait pas à le maîtriser car ce monstre se manifestait à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. 

Le pauvre homme devait soit le fuir, soit discuter, soit le combattre. Quand il fuyait, les flammes du monstre le rattrapaient; quand il discutait, il passait de longues heures à ne pas faire ce que le personnage lui ordonnait et quand il combattait, il était souvent enfourché par une patte pleine de griffes. 

Un jour, l’homme décida de discuter avec lui pour savoir qui était le maître des deux, l’homme ou le monstre. Le monstre répondit:

- Le maître est celui qui connaît la fin de l’histoire.

L’homme se dit qu’il avait une chance de la connaître. Il tenta plusieurs sorties: écrire pour cerner les ordres du monstre, ordres qui conduisaient toujours à de l’autodestruction et parfois à de la destruction tout court. Mais lorsqu’il dessina un mandala avec le monstre qui surgissait, il comprit la fin de l’histoire.

Plus il recopia le mandala petit et plus le monstre diminuait. Un jour, il ne resta plus qu’un seul point sur la feuille. Il dit au revoir au monstre, déchira la feuille. Ce fut la fin de sa folie. 

 

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la page blanche magique

par mathilde

publié dans contes à Mathilde


Atelier d’écriture du 14 décembre 2010.


Matériel : 3 chapeaux (ou autre petit récipients), 3 billets par personne

Ecrire un nom de personnage ou de personne et mettre dans le premier chapeau
Ecrire une ambiance  et mettre le billet dans le deuxième chapeau
Ecrire le nom d’un lieu et mettre le billet dans le troisième chapeau

Brasser et chacun reprend 3 billets, un par chapeau. Avec ces trois mots, faire un conte. 20 minutes.

J’ai tiré les mots : curé, une ambiance électrique, centre parole.

La feuille blanche magique

Il était une fois un endroit magique appelé « Centre Parole ». Pourquoi magique ? Parce que chaque fois que quelqu’un se mettait devant une feuille blanche pour écrire, ce qui était écrit s’accomplissait.

Une femme par exemple, écrivit un conte dans lequel son personnage, SDF, malade et sans travail retrouva une vie digne, un appartement, une occupation qui lui plaisait et quelques bons amis pour le soutenir. Sitôt écrit, sitôt fait. Cette femme reçu un coup de fil lui proposant un 3 pièces en ville (juste là où elle le désirait) et elle pouvait y entrer tout de suite. Elle trouva des occupations qui lui plaisaient et d’anciens bons amis se manifestèrent de nouveau dans la journée.

Le lieu était magique, vraiment magique et il y régnait une ambiance électrique car il y avait beaucoup de gens autour de la table en train de remplir leur feuille blanche.

Un jour, ce fut le tour d’un jeune curé qui était désespéré : son église était totalement vide tous les dimanches et personne ne le sollicitait jamais pour des visites. Il voulu tenter la feuille blanche magique. Mais rien, absolument rien ne se passa. Il demanda à quelqu’un d’autre de faire la même demande : du monde à la messe et des visites aux gens régulièrement. Rien.

Il se tourna alors vers les responsables du groupe Parole, dépité et demanda pourquoi sa demande n’était pas exhaussée comme les autres. Il reçu la réponse suivante :

« Cher Monsieur, nous sommes une association laïque et la magie du lieu n’intervient pas dans tout ce qui est religieux, quel qu’il soit ».

Alors le curé eut une idée fantastique : Il demanda une femme et des enfants et quelques bons amis pour partager les diverses opinions. Et il obtenu ce qu’il avait demandé : Ainsi il reçu la responsabilité d’un grand orphelinat. Il y avait toujours du monde à table à midi dimanche et des amis sur lesquels il pouvait compter comme collaborateurs.

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le joueur de rire

par mathilde

publié dans contes à Mathilde

Le joueur de  rire

 

I

l était une fois il y a bien longtemps un joueur de flûte qui aimait voyager dans le pays. Il se baladait dans les champs, rencontrer des gens nouveaux, découvrir de nouvelles mentalités, s'inspirer de la nature pour jouer de la flûte.


Il aimait rester quelque temps dans chaque ville ou village qu’il traversait sur son chemin.

Un jour, il arriva au pays de Boshen, à l’ouest du continent. Le premier village qui rencontra fut Lachenshaft. C’était un village adossé à la montagne, et dont les maisons avaient l’air de se serrer l’une contre l’autre pour ne pas avoir froid. Un mur d’enceinte bien conservé et entretenu donnait également l’impression que le village se sentait menacé. Il fut intrigué dès la première minute : de quoi les habitants de ce village avait-il peur ?

Avant d’entrer dans le village, il décida de jouer un peu avec sa flûte qu’il emportait partout : faut dire que c’était son gagne pain ! Il aimait jouer des morceaux joyeux, car partout où il passait, sa joie était contagieuse. Après avoir mangé le dernier bout de pain rassis qui lui restait, il se décida à entrer dans le village.


L

a porte de la « forteresse » témoignait d’une peur de l’inconnu : étroite et fortifiée, dont les traits étaient fermés ; Le soldat ne tarda pas à demander la raison de la visite de l’étranger.

-         Je suis un joueur de flûte itinérant et je demande hospitalité pour quelque temps dans votre ville, et pour appuyer sa requête ajoute, qu’elle a l’air fort accueillante. D’accord, il mentait très mal…

-         Et que cherchez-vous en fait chez nous ? Demanda un peu suspicieux le garde formé à toute attaque de l’extérieur.

-         Je ne cherche rien. J’apporte. Répondit le joueur de flûte très sûr de lui et souriant.

-         Mais qu’apportes-tu donc étranger ? Reprit le garde le sourcil de plus en plus bas. Nous n’avons besoin de rien ni de personne! passe ton chemin car nous ne voulons pas d’étrangers ici !

-         Me permettez-vous alors de recevoir l’hospitalité pour une nuit ? Les loups ont faim à l’extérieur !...

-         Un peu rassuré par le fait que l’étranger n’insiste pas plus que cela, le gardien du village l’autorisa à entrer, répétant bien juste pour UNE nuit.


Le joueur de flûte endossa ses bagages et entra, joyeux, dans le village.

Les rues étaient basses et chaque maison était bien ordonnée : des balcons fleuris aux fenêtres, des rideaux blancs qui cachaient l’intérieur, chacun avait balayé devant sa porte, mais quelque chose lui semblait bizarre. Continuant à se balader dans le village, il constata qu’aucun oiseau ne chantait, qu’aucun bruit n’émanait des maisons … Mais pire : qu’aucun enfant ne riait, malgré leurs jeux à l’extérieur.

Le village était construit, non pas autour d’une église (ce qui serait étonnant pour  l’époque), mais toutes les rues se terminaient sur une place qui semblait  avoir été abandonnée depuis plusieurs dizaines d’années, voire plus !


La place était entourée de platanes dont la taille n’avait plus été faite depuis bien longtemps. Ils ressemblaient à des colonnes romaines déformées entourant l’agora dont les pavés, soulevés par la terre et l’herbe sauvage, donnait à cet espace un air de ruines gréco-romaines… Le lierre, le gui, et toutes sortes d’autres mauvaises herbes envahissaient aussi bien le sol, que les platanes.

Au centre, comme une sorte d’autel étrange, une sorte de grande table en granite rose posée elle-même sur un socle de granite noir beaucoup plus petit, et fendu en deux par son milieu… Le joueur de flûte s’approcha de l’autel, avec une curiosité exacerbée : une place du village abandonnée, un autel de granite qui, visiblement, a servi pour des sacrifices réguliers et  sanglants ; probablement des animaux sacrifiés pour apaiser les cieux inconnus du joueur mais vindicatifs lors d’un culte visiblement assez barbare.

-Étrange, étrange ! Se dit le joueur de flûte en caressant sa barbe. C’était  comme s’il devait découvrir un mystère longtemps enfoui dans les mémoires des habitants de Lachenshaft. Mais pour lui, étrange n’était pas synonyme de peur, plutôt un bon goût de défi ! Il y avait dans ce village quelque chose à découvrir!

I

l choisit pour passer la nuit et étant donné qu’il ne connaissait pas ce village, une haie bien fournie, pour se protéger en cas de pluie.  Sa paillasse déroulée, installé,  il senti que quelqu’un observait et il remarqua de petits yeux, puis quatre…

-         Bonjour les gamins dit-il, habitué à être surveillé. Comment ? Vous n’êtes pas encore couchés, ajouta-t-il sur un ton volontairement obséquieux et sévère.

-         Ben…euh … entendit-il à quelques mètres de lui. Puis plus rien. Quelques chuchotements plus tard, il sortit une dizaine d’enfants curieux de la présence de cet étranger.

-         Bonjour M’sieur ! Répond-t-il le plus courageux d’entre eux.

Le joueur de flûte fut scruté sous tous les angles. C’est qu’il n’avait pas l’air très… Enfin euh… riche quoi. Un simple pantalon usé, raccommodé de toutes parts et une « chemise » taillé grossièrement dans un bout de jute, certainement récupéré quelque part. Son pauvre bagage rudimentaire parlait tout autant de sa condition : un baluchon en drap de lin, dans lequel se trouvait une paillasse tressée  il y a déjà bien longtemps.

L’homme tenta une première sortie en demandant aux enfants :

-         Eh les enfants, vous voulez que je vous joue un peu de flûte ? En guise de réponse, les gamins se mirent en rond autour de lui et firent mine d’attendre. Il leur joua une bonne partie de son répertoire, là, près de l’autel esquinté par le temps. On pouvait deviner du plaisir dans les yeux des gamins mais aucun ne sourit ni ne rit. Etrange. Car n’oublions pas que son répertoire avait pour but de faire rire, danser et rendre les gens heureux, un moment, ce moment-là.

-         Dites-moi les enfants, c’est interdit de rire ici ?

Le plus hardi, se tournant dans tous les sens pour s’assurer qu’aucun adulte n’écoutait répondit :

-         M’sieur, on n’a jamais eu le droit de rire ici, c’est INTERDIT.

-         Pourquoi demanda le joueur de flûte ?

-         C’est interdit, c’est tout. Nos parents, nos grands-parents et nos arrières grands parents et même plus loin, toujours (l’enfant baissa la tête), n’ont pas pu rire non plus.

La conversation se stoppa net sur ces paroles. Un adulte arriva et les enfants se diluèrent dans la nature comme du sucre dans du café. Celui-ci, hypocrite, s’enquit de savoir si l’hôte était bien installé puis, par un regard circulaire, fit bien comprendre aux enfants qu’ils n’avaient plus intérêt à approcher l’inconnu. Ses pas résonnèrent sur les pavés de la place puis plus un bruit.

La nuit était tombée. Le joueur de flûte décida de s’enquérir de ce mystère le lendemain et s’endormit aussi paisiblement que possible dans un pays vraiment spécial.

L

e lendemain, le joueur de flûte fut brutalement réveillé aux aurores par le gardien de la porte. Celui-ci voulait qu’il eut disparut avant le lever des habitants. Comment faire alors pour découvrir le mystère s’il ne peut pas rester ? Pendant que le garde relâchait sa surveillance, il prit un gros bout de bois et se cassa la jambe, feignant d’être tombé dans un trou. Le gardien, n’y voyant que du feu s’enquit de l’état du voyageur et constata lui-même qu’il ne pouvait plus voyager dans cet état. Comme le gardien était robuste et le joueur de flûte très malingre, il le transporta sans problème dans la maison du « médecin-sorcier » du village. Après quelques incantations, il lui mit une attelle à la jambe et lui donna deux cannes pour marcher.

-         3 jours de repos complet lui seront nécessaires dit le médecin-sorcier au garde bien embêté. Il ne pourra repartir que dans une semaine au minimum.

Le regard du gardien s’assombrit lorsqu’il vit la joie du joueur de flûte. On l’installa dans une grange avec les animaux, là, au moins il aurait chaud sans bouger trois jours. Il devint très vite en quelque jours l’attraction du village : un étranger peut rester, il a peut-être des choses à raconter, c’est peut-être un conteur ? Et effectivement, cloué au lit, le joueur de flûte alterna entre la musique et les contes de pays lointains. Les gens étaient fascinés par son entrain et sa bonne humeur, mais restaient impassibles et de glace alors que d’autres auraient rit aux éclats. C’est surtout les enfants qui étaient son public car les adultes avaient peur. Mais peur de quoi ? Il fallait qu’il découvre pourquoi les adultes et les enfants ne pouvaient pas rire.

Il se dit que, peut-être, s’il rassemblait le village sur la place, cela ferait du bien à tous. Alors il annonça que dans 3 jours, il ferait un spectacle et fit colporter la nouvelle par les enfants du village. Il se prépara tant bien que mal avec sa jambe cassée et demanda un peu d’aide aux enfants pour animer la place. Chacun et chacune y mit du sien pour faire : certains firent des guirlandes, d’autres des petits nettoyages de pavés, etc. Mais la place restait misérablement misérable, malgré tout. Le soir venu,  tout était prêt. Les enfants étaient aux premiers rangs et… personne n’est venu. Personne.

-         Ce n’est pas grave se dit-il, je fais quand même mon spectacle, pour les enfants…

Et de tours de magie en pitrerie musical, le joueur de flûte permit aux enfants d’être bien, détendus.  Mais aucun ne pouffa de rire. Triste soirée. Et en plus, il avait très mal à sa jambe. Tout au moins espérait-il que quelques adultes écoutaient ou regardaient à leur fenêtre par leurs rideaux blanchies.

 


 

A

près les 3 premiers jours passés immobiles comme prévu, il déambulait dans les rues du village, à la recherche du mystère disparu. Car ici, tout le monde refusait d’en parler et disait ne pas s’en souvenir. Tous le monde avait peur de quelque chose sans savoir exactement quoi. Tous ? Enfin presque car une très très vieille dame connaissait l’histoire du village comme sa poche. Carmine s’était retirée un peu dans les maisons d’en-haut et ne désirait parler à personne, elle vivait sa petite vie seule et simple et tout le monde le comprenait.  Le joueur de flûte avait été informé que Carmine était la gardienne de l’histoire mais il recevait toujours la même réponse : ce n’est pas la peine de lui demander quoi que ce soit : elle est muette depuis sa tendre enfance.

Mais un soir, Carmine vint le voir en cachette et s’installa auprès de son feu. Elle regardait uniquement le feu et fit comme si l’homme n’était pas là. Il se passa un temps interminable avant que quelque chose ne se passe. Elle commença lentement une étrange histoire, comme si elle la livrait pour la première fois :


-         Il y a fort fort longtemps dans notre village vivait un sorcier très puissant, Eusébius. Petit à petit, il devint aussi le chef du village. Normal : il était quasi vénéré de tous ici. Il ordonna qu’on reconstruise le village pour que chaque rue se termine sur la place du village, haut-lieu où il faisait ses sacrifices en présence de toute la population. Au début, ses prédictions et ses bénédictions retombèrent sur le village entier et tout le monde en bénéficiait largement. La vie était tranquille et heureuse à Lachenschaft.  Mais, en vérité, chacun tremblait à son passage sombre comme son ombre. Et puis un jour, ce fut le drame. Eusébius, le sorcier, fut en colère car une personne n’avait pas fait ce qu’il avait demandé. Il punit sur le champ la personne en la rendant aveugle. La joie quitta progressivement le village, remplacée par la peur et la colère. Puis ce fut une seconde personne qui fut maudite en perdant la parole. Puis une troisième et une quatrième. Eusébius fut tellement en rage de voir l’insubordination de plus en plus généralisée à ses propres règles qu’’il quitta le village en invoquant tous ses dieux. Ceux-ci, en guise de réponse détruisirent la table de sacrifice et mirent le feu à la place. Il partit hors de lui mais content de la « punition »infligée au village.

-         Et quelle punition fut infligée au village alors ?

Il n’osait presque plus respirer car  La tension était au plus fort, le joueur de flûte touchait presque son but, il ne fallait pas effaroucher Carmine qui seule conservait ce secret ancestral…

-         En quittant le village, il aspergea toutes les portes et fenêtres de sang d’animaux sacrifiés en maudissant le village connu à des lieues à la ronde pour être le plus joyeux, accueillant et aimant rire. Dès maintenant, plus un seul animal de la région ne pourraient chanter ou s’ébattre en paix, plus aucun villageois ne pourrait ou sourire (comme une capacité perdue) et ce jusqu’à ce que… (un étranger arrive à faire danser les habitants du village sur la place rénovée – pas dit à ce moment là).

-         Jusqu’à ce que quoi demanda-t-il impatient mais en se refreinant ?

Carmine n’ouvrit plus jamais la bouche dès ce moment –là. Elle se leva tranquillement, toujours sans regarder le joueur de flûte et remonta dans sa maison en-haut du village.

L

e joueur de flûte resta perplexe bien longtemps : il avait la moitié du mystère et surtout il lui manquait la solution, vitale pour défaire la malédiction d’Eusébius. Que faire ? Il regardait crépiter le feu tout en réfléchissant. Quelques enfants s’approchèrent de lui.

-         Dis-nous, joueur de flûte, ton spectacle était fantastique l’autre jour. Ne peux-tu recommencer une fois, rien qu’une fois encore jouer et nous faire danser tous ensemble avec les adultes ?

-         Je veux bien petit, dit-il en secouant la petite frimousse, mais personne n’a envie de se déplacer, ni de chanter, ni de danser. Comment les entrainer à venir ?

-         Et si nous et toi, on remettait à neuf la place du village pour qu’elle soit accueillante et joyeuse ? on est nombreux et on peut le faire en 3 jours puisqu’après tu dois partir…

Le joueur de flûte regarda l’enfant enthousiaste et à cause de celui-ci, il accepta sa proposition. Tous les gamins se mirent au travail.

Cette fois-ci, il ne s’agissait plus de petits nettoyages, mais bien d’une remise à neuf de la place entière. Le joueur de flûte fit savoir qu’il allait, juste avant de quitter le village remercier chacun en donnant une petite représentation sur la nouvelle place du village toute rénovée. Beaucoup furent intrigués par le projet gigantesque en si peu de temps. Certains décidèrent même de donner discrètement un petit coup de main grâce à leurs outils appropriés.

Il fallait redresser la table de sacrifice et la faire tenir, même fendue, sur son socle en bien mauvais état. Les pavés avaient été déplacés ou fendus par les mauvaises herbes. Il fallait entièrement désherber la place et remettre les pavés à leurs places, même fendus. Le travail fut ardu et rude pour tous, mais surtout pour le joueur de flûte qui avait toujours la jambe cassée. Au bout de 3 jours, le travail de fond avait été fait, la table reluisait sur son socle réparé tant bien que mal et les pavés étaient en place. Il restait la décoration et la taille des platanes tout autour de la place. Aucun enfant ne pouvait faire ce travail.

Alors, courageusement, le joueur de flûte monta dans le premier platane et avec une faucille coupa les branchettes, les branches folles pour donner forme aux arbres. Un habitant, voyant le courage et la peine que se donnait le joueur de flûte pour son village le relaya très vite, puis un second et un troisième et la place fut nette pour la représentation du soir même.

Le joueur de flûte était exténué. Il alla se coucher dans l’herbe un peu plus loin. Il réfléchit à ce que Carmine avait dit : jusqu’à ce que….. Quoi ? Il avait maintenant ce village à cœur mais ne savait pas comment délier les habitants de la malédiction et il devait jouer ce soir… avec sa jambe endolori et un tout petit moral. Il allait partir demain sans avoir pu aider le village. Depuis sa position allongée, il regardait le ciel et demandait silencieusement une solution, une solution……il but une gorgée d’eau dans sa gourde en peau de chèvre.

Le soir venu, le joueur de flûte était prêt. Il appela tous les enfants comme la première fois et ils se mirent impatients autour du joueur qui s’était installé cette fois carrément sur la table réparée. Il commença son spectacle mais aucun adulte ne se présenta, bien qu’ils ne fussent pas loin à son avis. 

Alors il arrêta net son spectacle et s’adressa aux habitants du village :

-         Oyez, oyez, bonnes gens du village de Lachenschaft. Je connais le secret qui vous empêchent de rires, venez au spectacle et vous saurez.

Puis il reprit son spectacle comme à l’accoutumée. Et ce qu’il espérait se produisit : les gens, trop intrigués par cette nouvelle s’approchèrent de la place et s’assirent. Comme si de rien était, il continua, il voulait voir tout le village. Carmine descendit de sa maison et s’installa ce qui motiva ceux qui étaient encore réticent : si Carmine est là, c’est que ce petit bonhomme étranger dit vrai.

Puis soudain, il s’arrêta à nouveau et dit :

-         Avez-vous entendu parler d’Eusébius, le sorcier ?

Certains tremblèrent. D’autres étaient juste intrigués. Certains connaissaient la vérité, d’autres attendaient une réponse à des questions en suspens depuis des générations car tous avaient envie de retrouver l’entrain qui faisait la renommée du village.

-         Eusébius a régné durant trop longtemps sur ce village avec sa malédiction. Il ne voulait plus que vous riiez sous peine d’être maudit. Il y a une solution et seule Carmine détient la réponse. Demandez-lui si ce n’est pas vrai.

Une rumeur monta depuis les spectateurs et tous se tournèrent vers Carmine qui restait de glace mais approuvait avec la tête. Puis ce fut une sorte de terreur qui remplissait les rangs : ce joueur de fûte était-il un sorcier lui-même ?

-         Non, répondit-il, je ne suis pas sorcier, je suis un simple joueur de fûte. Mais de ma vie entière, je n’ai vu un village entier privé de rire ou de joie. Je suis resté avec vous quelques jours et, même si personne ne s’est plaint, j’ai senti la souffrance d’une telle contrainte. Carmine m’a raconté une partie de l’histoire mais ne m’a pas donné la solution. Je pense qu’il est tant que cela cesse une bonne fois pour toute. Carmine, je vous invite à venir donner la clé de l’énigme.

-         Non, dit Carmine, je ne peux pas. Les choses doivent, selon la malédiction, se faire selon son plan démoniaque et je ne peux pas dire la suite. Carmine semblait anéantie, mais  une lueur d’espoir restait au coin de ses yeux.

Sur ce, pour détendre l’atmosphère et parce qu’il n’y avait rien à faire d’autre, le joueur de fûte joua des musiques gaies et entrainantes. Les enfants se levèrent et firent une ronde autour du joueur de fûte. Plus il jouait et plus les enfants avaient du plaisir et plus il jouait, plus les adultes regardaient le spectacle avec des yeux compatissants. Puis le chef du village se leva lui aussi et entraina sa femme dans la farandole. A son exemple, plusieurs villageois bien placés se levèrent et en firent de même. Les enfants riaient et personne ne les en empêcha en ce soir très particulier. D’autres, réticents et craintifs, regardaient la scène d’un très mauvais œil : trop de malédictions s’étaient abattues sur le village pour en avoir une ou des nouvelles à cause de cet étranger bizarre.

Mais le vent de la danse finit par s’amplifier et finalement, tout le village était debout autour de l’autel à danser et à chanter, comme autrefois. Le joueur savait qu’il ne devait pas s’arrêter mais sa jambe lui faisait tellement mal qu’il finit par faire une pause. Tout le monde reprit son souffle et c’est là que Carmine intervient en montant sur l’autel à coté de l’artiste :

-         Jusqu’à ce que … un étranger réussisse à faire danser tout le village autour de l’autel de la place.

Un grand silence s’établit.

-         Le sorcier était convaincu que personne ne viendrait et encore moins remonterait la place du village comme vous l’avez si courageusement fait, malgré notre attitude déroutante et votre jambe cassée.

Nouveau silence

-         Joueur de flûte étranger, vous venez de nous délier de la malédiction du sorcier.

Des éclats de voix et de rires, des soupirs et des émois montèrent et se mêlèrent.

-         Désormais étranger, vous ne l’êtes plus chez nous dit le chef du village, revenez quand vous voulez et désormais, on ne vous appellera plus joueur de flûte, mais joueur de rires.

Mathilde, décembre 2010

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l'agneau Lambert

par mathilde

publié dans contes à Mathilde

 

L’agneau Lambert

 


berger.jpgIl était une fois dans un pays fort fort lointain un troupeau de moutons blancs gardés par un adolescent qui se plaisait à ce métier.

Il connaissait toutes ses brebis, ses agneaux et ses   moutons par leur nom et les comptait chaque soir avec beaucoup de plaisir. Il ne manquait pas de passer agréablement sa main dans la laine de ses protégés.

Un jour, alors que c’était la période de la vêle, la cigogne chargée d’apporter les brebis fit une petite bêtise : dans le lot se trouvait un lionceau.

A son habitude, le petit berger se donna à cœur joie de nommer les nouvelles brebis, toutes plus belles les unes que les autres… enfin presque. Quand arriva le tour du lionceau, le gamin resta perplexe. Qu’est-ce donc que ce monton roux ? pourquoi ne marche-t-il pas comme les autres ? Enfin, il n’alla pas plus loin pour l’instant, se disant qu’il reverrait le problème quand il aura grandi. Il le surnomma Lambert.

 

 

 

 

 

lionceau.jpg

Lambert grandi avec le reste des agneaux et était d’une timidité innommable : étant donné que tout le troupeau avait aussi remarqué ses grandes différences physiques, il ne se gênait pas de se moquer grandement de Lambert.

 

 

 

lion-couche.jpg Même adulte, alors qu’il se tenait haut sur ses pattes harnachées de griffes épaisses et d’une belle crinière, Lambert restait timide, mais vraiment timide. Il se cachait le plus souvent du centre du troupeau pour éviter les moqueries.

 

 

 


Mais une nuit, le troupeau fut attaqué par un loup.

 

Tout le monde tremblait de peur, y compris le berger qui tentait de rassurer le troupeau. Lambert alors senti ses racines et son héritage génétique remonter.

lion-rugissant.jpgIl se redressa et gronda si fort que toute la vallée en fut ébranlée. Si bien que le loup, la queue entre les jambes, s’enfuit sans demander son reste.


 

C'est en ces termes qu'un infirmier aux Lilas m'a enfin raconté l'histoire qui est un dessin animé ancien. Il ajoute que cela en dit long sur les rejets, les préjugés et les doutes sur leur capacité des "différents que nous", troupeau de moutons. J'ai bien aimé, c'est pour cela que je vous le partage avec amour.

 

Mathilde


 

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tout le monde, chacun, quelqu'un et personne

par mathilde

publié dans contes à Mathilde

Jeudi 24 janvier 2008

Tout le monde, Chacun, Quelqu'un et Personne

Voici un petit conte à méditer...

Il était une fois (ben voui, un conte commence toujours par il était une fois!) 4 amis qui s'appelaient Toutlemonde, Chacun, Quelqu'un et Personne.
Ils décidèrent qu'ils devaient déplacer un tas de pastèques et l'on a demandé à Toutlemonde de le faire.
Toutlemonde est alors persuadé que Quelqu'un le ferai et que Chacun pouvait déjà l'avoir fait. Mais ce fut Personne qui le fit.
Quelqu'un se fâcha, car c'était le travail de Toutlemonde!
Toutlemonde pensa que Chacun pouvait le faire. Et Personne ne doutait que Quelqu'un le ferait.
Finalement, Toutlemonde fit des reproches à Chacun parce que Personne n'avait fait ce que Quelqu'un aurait pu faire...

Moralité: Sans vouloir réprimander tout le monde, il serait bon que chacun fasse ce qu'il doit, sans nourrir l'espoir que quelqu'un le fera à sa place, car l'expérience montre que là où l'on attend quelqu'un généralement on ne trouve personne...

Merci Nini pour ce texte à la Devos...

GlàD

 

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