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unité de réhabilitation, par le petit bout de la lorgnette (1)

par mathilde

publié dans reportage lilas

je gare la voiture devant une unité adulte de psychiatrie.

L'automne est déjà bien installé et je suis fouettée par des bourrasques chargées de poussière et de feuilles mortes récemment décrochées de leur arbre, en couleur par dizaines.

- Pas idéal pour ce que j'ai à faire, me dis-je

Je me penche en avant pour atteindre péniblement le coffre de la voiture. Je le sors et l'installe sur un chariot que l'unité me met gracieusement à disposition.

- Mince! des marches, le chariot ne passe pas. Et le vent qui redouble ses ardeurs comme pour me dire:

- Tu n'as pas ta place ici!

Que faire? je ne peux pas me permettre de laisser mon matériel sans surveillance.

- Surtout ici, pensé-je fort.

Des personnes rôdent, zônent, un peu perdu, se demandant certainement ce qu'une étrangère comme moi, sans blouse blanche, pouvait bien apporter comme matériel. Surprise....

Finallement, j'entre, aidée du personnel, par la porte de service au bout d'un long couloir. Le bâtiment est formé en étoile avecc pour point central "l'aquarium" comme l'appellent les patient, le bureau des infirmiers.

On vient de m'indiqué le bureau de la cheffe-infirmière. Je traine toujours derrière moi mon coffre à roulettes.

Après un bref entretien, l'infirmière en cheffe m'attribue un aide soignant pour me guider et m'aider.

 

Je sors enfin mon matériel. Une caméra professionnelle sur l'épaule, un trépied si besoin est et... des yeux pour répondre à la demande de l'unité: en effet, l'unité a envie eu de se présentermardi dernier et je suis venue incognito pour découvrir ce monde qui m'était inconnu de la psychiatrie. Alors je suis venue à la présentation, ai discuté avec les soignants et les responsables. Mais derrière les mots et les sourires des soignants, j'ai perçu une souffrandce indescriptible des patients et de leurs proches. Après m'être présentée comme journaliste (ce qui n'a pas plus aux organisateurs), j'ai demandé ce soir-là à pouvoir vivre plusieurs jours parmi les patients et les soignants de l'unité pour me faire une idée. Tout d'abord très réticents à la caméra, les responsables ont accepté ma présence la semaine suivante avec pour consigne impérative de flouer les visages et/ou les voix et de ne citer aucun nom, "ceci dans l'intérêt du patient". J'ai accepté.

 

Et me voilà, caméra au poing dans cette unité de réhabilitation. Début de l'aventure...

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