Dimanche 30 octobre 2011
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prête-moi ton espoir 2
Parfois, notre espoir est en deuil, en berne, en déconfiture. Après avoir traversé une
tempête, on ne sait plus où en trouver et même les hard discounters n'en n'ont pas dans leurs rayons. Alors, à bout de souffle, on prie pour que quelqu'un nous en donne un peu. Parfois il suffit
juste d'un regard, d'un petit sourire, d'unte tape sur l'épaule.
Parfois ca ne suffit pas.
On a besoin d'un plus grand coup de pouce: une discussion agréable, une invitation,
quelque chose qu'on fait ensemble.
Parfois ca ne suffit pas. J'ai lu un article concernant l'accompagnement des personnes en
deuil.
J'ai lu récemment un article concernant l'accompagnement des personnes qui vivent un
deuil. Les conseils étaient les suivants: SURTOUT, n'abandonnez pas la personne en deuil! J'y ai beaucoup réfléchi, et voici mon opinion. Elle a besoin
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d'être entourée: prendre des nouvelles REGULIEREMENT (comment te sens-tu est plus approprié que comment vas-tu), Venir la voir et la sortir de son
cadre douloureux (une promenade, une sortie, du shopping, etc)
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d'être écoutée: elle n'a que faire des conseils à ce moment-là. Juste besoin d'être entendue et écoutée. Les "tu devrais" et les "il faut" ne sont
pas appropriés pour l'heure. Elle veut sortir son coeur, sa douleur, son chagrin, ses colères... Une présence qui écoute sa souffrance, sans jugement ni critique de ses réactions.
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d'être soutenue dans les gestes
quotidiens: la personne a de la peine à se concentrer sur les petits gestes qui font la vie courante.
Une petite aide dans les choses élémentaires (le ménage, les commissions, les repas peut-être, le repassage, l'administration, etc) aidera la personne à refaire surface de manière plus sereine.
Si ce n'est pas possible pour vous directement, le fait de s'assurer que quelqu'un prend en charge ces "détails", lui montrer votre intérêt dans ce domaine, éventuellement organiser une aide
ménagère ou une compagnie plus régulière fera beaucoup de bien à la personne en souffrance.
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d'être sûre de votre amour et de vos gestes d'affection, pour autant que vous puissiez lui en donner: prendre dans les bras avec compassion, prendre avec
présence sa main, caresser son dos, faire un bisou affectueux, l'aider à marcher en prenant son bras, aider à faire les soins ou les soins médicaux comme une injection, changer le pansement,
s'intéresser à son alimentation et lui faire un bon petit plat... elle aimera SENTIR par la présence physique que quelqu'un prend soin d'elle dans ces moments douloureux.
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toute idée personnelle pour calmer la douleur
de la personne sera bienvenue...
Les choses à éviter? oui, il y en a:
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Se retirer. Une personne en souffrance a besoin d'amis. Le dicton populaire dit que c'est dans la souffrance qu'on reconnait ses
amis...
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Porter un jugement sur ses sentiments.
Ce n'est pas le moment de moraliser la personne. Elle souffre et elle l'exprime. Etre là pour l'écouter c'est déjà ne
plus se sentir impuissant.
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Chercher une justification à la situation de souffrance: à mon avis, c'est une des choses les pires à vivre quand on vit des moments douloureux. "trouver un
coupable" à la souffrance... ce n'est pas le moment de l'analyse, c'est le moment de l'expression de la souffrance.
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Minimiser la perte... on ne vit pas dans la peau de celui qui souffre. On ne connait pas tous les souvenirs ni l'attachement qui unissait la personne
avec la perte d'une personne, lors d'un divorce, ou autre. Si elle souffre, c'est qu'elle subit intérieurement un préjudice dont la profondeur nous est inconnue. Faisons-lui
confiance...
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Dire ce qu'elle devrait ressentir ou
faire. Là, nous parlons de la perte en elle-même. Par contre l'aider à reprendre pied dans la vie
quotidienne est un cadeau qu'on peut lui faire et qui lui rendra service. Mais nier ses sentiments fait plus de mal que de ne rien faire.
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Toute autre attitude qui nie ses
émotions, ses sentiments, sa souffrance... Le respect de la souffrance est indispensable.
Dans le milieu des soignants, on distingue 5 phases du deuil (et le deuil au sens large du
terme). Elles peuvent être plus ou moins longues, il peut y avoir régression et retour à une phase antérieure, parfois elles ne sont pas tout à fait dans l'ordre ci-dessous, mais en général, sur
les 2 ans qui suivent la perte, on observe:
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Le déni: La personne refuse d'admettre la réalité. Elle vit comme sur un petit nuage, pensant que la personne va revenir de voyage ou
qu'elle dort et va bientôt se réveiller... C'est une phase de survie importante car les démarches du début (que ce soit les démarches pour l'ensevelissement, les faire-part, l'organisation du jour de
l'enterrement, la succession, les affaires personnelles du défunt qui trainent à la maison, etc) sont si pénibles que sans cette phase d'irréalité, ce serait difficilement
supportable.
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La colère, la recherche des "coupables" et le temps des pourquois: Parfois (et même souvent), le sentiment d'abandon de la personne défunte
devient insupportable et la douleur s'exprime dans la colère: pourquoi m'a-t-elle abandonnée? pourquoi dois-je continuer à vivre alors qu'elle est partie? et le fond du problème: pourquoi elle
et pas moi? c'est le syndrome connu du survivant, une espèce de culpabilité d'avoir survécu. Ce syndrome est très répandu par exemple chez les survivants de l'holocauste. Une
personne survivante à quoi que ce soit vivra peut-être ce syndrome également.
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Le marchandage: Si mon ami revivait, tout serait différent, ou mieux encore: s'il n'était pas mort, alors ma vie serait différente maintenant.
Cette phase ressemble à celle du déni: un rêve pour éviter la dure réalité de la vie actuelle.
La réalité est dure et le chagrin est grand. Le découragement accompagne souvent cette phase et prend le
dessus.
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la dépression : phase plus ou moins longue du processus de deuil qui est caractérisée par une grande tristesse, des remises en question, de la détresse.
Les endeuillés dans cette phase ont parfois l'impression qu'ils ne termineront jamais leur deuil
car ils ont vécu une grande gamme d'émotions et la tristesse est grande.
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l'acceptation : Dernière étape du deuil où la personne reprend du mieux. La réalité de la perte est beaucoup plus comprise et acceptée. Elle
peut encore vivre de la tristesse, mais il a retrouvé son plein fonctionnement. Il a aussi réorganisé sa vie en
fonction de la perte
Dans chacune de ces phases, l’ami n’est pas
impuissant ! Il y a beaucoup d’espoir à prêter dans ces moments difficiles de la vie :
Dans le déni, être là pour accompagner dans les démarches des
premiers jours. Une aide très pratique et encourageante.
Dans la colère, l’écoute active est un cadeau merveilleux à la personne. C’est dans cette phase que les conseils à 2 balles sont tentants,
mais non édifiants…
Dans le marchandage, aider avec douceur et amour à reprendre à nouveau pied dans la vie quotidienne : pourquoi ne pas proposer une activité
nouvelle afin de réancrer la personne dans la vie nouvelle, sans son ami ou dans son nouvel handicap physique (accidentés par ex.) ? Dans la dépression et le découragement, assurer par des gestes et de l’attention régulière
à la personne qu’elle est aimée sans aucun doute possible
et que la vie vaut la peine d’être vécue, même sans la personne perdue ou sans une partie de son corps (accident) ou dans la maladie.
Dans l’acceptation, offrir de l’encouragement au moindre progrès
Non ! le sentiment d’impuissance face à la souffrance n’est pas incontournable ! Oui, c’est possible, facilement d’aider une personne en souffrance. Je dis facilement parce que
l’engagement n’est pas de soutenir la personne dans son esprit (seul le Seigneur, qui est venu pour ceux qui souffrent peut le faire), mais dans la reprise de confiance et l’encouragement à
remettre le pied à l’étrier, dans la confiance et l’amour.
A Damien pour toujours
Mathilde, le 30 octobre 2011
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