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Mais que faisait Elie au torrent de Kérith?

par mathilde

publié dans la flamme de Mathilde

Mais que faisait Elie au torrent de Kerith?

 

voici un petit texte et une profondeur de douleurs et de patience incroyable. Elie annonce d’abord que pendant 7 ans, il ne pleuvra pas et cela provoquera des famines. Puis il est envoyé au torrent de Kerith, nourrit de viande et de pain le matin et le soir par les corbeaux et s’abreuvant au torrent. Il y resta 3 ans.

 

3 ans! Au début, je m’imagine qu’il était assez content de se reposer, de manger à sa faim et de boire de l’eau pure, de se baigner, de dormir. Mais 3 ans, c’est long. cela fait 3x365x24 h à vivre «au bord du torrent». Il a du passer énormément d’heures en méditant, en priant dans le fond de son coeur sûrement. Il était peut-être sur un surplomb du torrent ou à côté qui le sait. J’imagine bien qu’il s’est d’abord trouvé un abris contre la chaleur car le torrent en question devait être dans le désert. Pas besoin de se protéger de la pluie, il n’a pas plu une goutte durant son séjour. Une des versions de la Bible précise qu’il s’agit d’un certain endroit au Kerith: dans le ravin. Au début le bruit de l’eau était étouffante de bruits et de gouttelettes. Mais peu à peu le torrent devint une rivière, puis un ru pour ne finir que par un filet d’eau puis le torrent fut complètement à sec. Mais il restait là parce qu’il n’était pas appelé ailleurs pour l’instant.

 

Depuis plusieurs mois, je pense à Elie au torrent de Kérith dans ma vie. D’abord heureuse de me reposer et de profiter du temps libre comme au moment où le torrent est en torrent. Puis petit à petit des doutes, des questionnements, des angoisses (comment remplir une journée sans aucune tâche à accomplir?), de la tristesse (car tous les jours se ressemblent presque), de la colère car je suis bloquée dans cet endroit jusqu’à ce que je sois appelée ailleurs. Quelque chose en moi me dit: Profite car après ce ne sera plus l'hôpital et tu auras du travail à la maison. Mais pour l’instant, je sens que le torrent se tarit à une grande vitesse. Bientôt plus rien à boire. Espérons que, comme Elie, au dernier moment, je sois sauvée et que je puisse boire à la source de l’inspiration pour tout ce que j’ai envie d’écrire.

 

J’observe la nature, comme Elie qui n’a rien à faire d’autre. Elle est immobile, et pourtant elle pousse, lentement, lentement. On est en plein hiver. Tout semble mort. Et pourtant au printemps, tout ira plus vite, très vite: les bourgeons, les feuilles, les fleurs, les fruits et l’arbre grandira petit à petit. J’espère être comme la nature. Pour l’instant, tout est un peu mort, morne, gris et triste. Mais au printemps, quand quelque chose se débloquera, tout ira plus vite: un logement, des occupations gratifiantes, des nouveaux amis ou connaissances. Il faut garder l’espoir du printemps dans ma vie. La renaissance. Je suis sur le point d’entrer dans une nouvelle phase dans quelques mois. D’ici là, mon apprentissage est, comme Elie, de pouvoir apprendre à se sentir bien avec soi-même dans le désert.

 

Comment se sentir bien avec soi-même, tout seul. C’est un défi immense pour ma petite personne. je ne sais pas comment accepter de ne plus travailler, de ne plus être utile pour la société. Je ne sais pas, comme un retraité qui n’a pas été préparé à cette situation. Certains retraités ne voient pas le temps passer tellement ils ont d’activités. D’autres s’ennuient et je fais partie de ceux-là. Je n’ai que 47 ans et demi. La fleur de l’âge. Elie devait aussi être jeune quand il fut envoyé au torrent de Kérith. Comment accepter? je n’en sais rien et pourtant je dois trouver. M’occuper au lieu d’être utile. Pas facile. Un jour, comme Elie,je sortirai du désert et ma vie sera bien remplie. J’ai plein de projet de bénévolat, surtout dans l’église, un atelier d’écriture et un travail de réintégration à Trajet. Mais pour l’instant, je n’arrive pas à entrer dans ces activités depuis l’Hôpital. Elie va faire de grands miracles à la sortie du désert. Les plus grands de sa vie. Mais d’abord, il doit faire le point, avec lui-même, avec son Dieu. Je ne prétends pas faire de grands miracles à la sortie de l’hôpital, mais je dois faire le point avec moi-même et avec mon Dieu également. Merci pour tous ceux qui m’aident ici et maintenant à me reconstruire entièrement.

Mathilde

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