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fait-on un plat de la vie en communauté ?

par mathilde

publié dans reportage lilas

cascadesOn fait tout un plat de devoir vivre en communauté, par exemple dans un hôpital psychiatrique…. Et c’est plutôt un plat Libanais : il y a une quarantaine de plats différents !

Le mot d’ordre pour survivre dans une communauté non choisie (j’ai déjà vécu l an mais c’était un choix et je connaissais les règles et le fonctionnement avant d’y aller), c’est MODULER, S’ADAPTER.

Il faut, tout au long de la journée, ne pas compter sur les autres. Dès le départ dans le milieu psy  (même aux HUG à l’UPHA), mais après aux Lilas, ils ont été clairs : passez du temps dans votre chambre régulièrement et centrez-vous. VOUS ETES ICI POUR VOUS !

Waichhhhhh ! Facile à dire, pas facile à faire : fumeurs, nous sommes condamnés à rencontrer d’autres fumeurs, par n’importe quel temps, sur la terrasse ou devant la porte. Obliger de saluer au minimum. Même cela, c’est parfois une étape difficile : l’autre ne va pas bien et ca se voit… que vais-je dire si (et c’est 90% du temps) la personne me regarde et me dis NON. J’ai soulevé ce problème dans un groupe de discussion… peut-on ne pas demander comment va l’autres si on est pas prêt à écouter pourquoi il ne va pas ?

Je passe vite les moments communautaires ou 22 souffrances SONT Obligés DE SE CONFRONTER : les repas, certains groupes et le groupe pavillonnaire ou tout le monde regarde le sol et la montre : le groupe dure 45 minutes, les plus looooonnnnnnnngue de la semaine.

Mais il y a aussi le phénomène Bob l’Eponge : je suis au courant d’un problème aigu pour une personne et je porte son problème avec elle… j’ai ainsi vécu des jours ou des heures terribles ou je ne pouvais pas me centrer sur moi parce que je pensais sans cesse à la personne qui devait vi vre un instant difficile, un rendez-vous, une audience, un examen d’école, etc.…

Finalement, c’est là, devant mon écran, en écoutant la ligne de cœur, que je peux me recentrer le mieux. Je suis là depuis 4 mois et demi. J’ai vu des gens partir, d’autres arriver, d’autres revenir puis repartir. Je suis toujours là et fragile comme de l’argile.

Se centrer, sentir au plus profond ce que je vis à l’intérieur
c’est aussi faire silence et apprendre des nouvelles très difficiles à entendre
c’est aussi accepter de se faire soigner, tout en participant activement au traitement dont on est peut-être pas d’accord sur le fond.
c’est aussi se faire plaisir pour soi : se faire les ongles, se maquiller, prendre un bain avec un sel de bain à la cerise. Ecouter au casque de la musique, lire ? Oublie avec les médicaments qui endorment pour, à mon avis aussi, leur f. la paix.  La TV est allumée toute la journée, mais PERSONNE n’est capable de la regarder…. Beaucoup dorment devant.

Le seul véritable endroit social, c’est la cafétéria, que l’on appelle la caf. Dehors, sur la terrasse, avec des pâtisseries dans l’assiette ou du chocolat pour remplacer les câlins…

Parfois, on y va à plusieurs avec un infirmier.

Parfois, j’y vais seule pour étudier une petite heure quotidienne (ca fait déjà une hr d’occupée)

Parfois, on y va en dehors des heures pour boire des VRAIS cafés aux machines faites pour les employés de la gériatrie (HOGER).  Puis on va fumer sur un banc, discuter, rigoler ou discuter sérieusement.

La chambre peut parfois prendre des tournures de prison ou de grand espace seule. Ca dépend beaucoup du moment que l’on vit.

La communauté forcée ou on a pas choisi d’y être, pas choisi de vivre là, pas choisi de rester là longtemps…. C’est pas du gâteau !

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