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dans la confusion - l'attention

par mathilde

publié dans anciens écrits

Dans la confusion, l'attention

C’est l’heure pour moi de vivre  un de ces moments de confusion où, à la limite, on ne sait plus très bien où est le haut, le bas, le bon, le mauvais, où la joie confiante a cédé la place à l’angoisse et la peur.

On a tous des moments de confusion. On ne sait plus quoi décider, s’il faut décider et quand décider. Deux routes, trois ou même six routes devant soi et aucun indice pour savoir laquelle emprunter. La peur est devenue notre maîtresse, exigeante et exclusive. La Peur engendre les peurs, des peurs, plein de petites insécurités qui se superposent et envahissent tellement notre esprit que les senti-ment(ent). Puis ce tas imaginaire devient un mur qui paraît tellement infranchissable, on s’assoit, on désespère, on voudrait abandonner, se cacher, attendre que cela passe. Tout est si confus, tout semble bouger comme dans un bateau en pleine tempête.

 

Cela m’est arrivé plusieurs fois, mais je me souviens d’une expérience intéressante qui m’a parlé à propos de la confusion et je n’ai jamais oublié :

Une amie, pour m’illustrer ce qu’est la confusion, a pris une grande feuille de papier, me l’a donné et m’a demandé de faire un dessin simple du type croix ou rond, puis de la déchirer en deux, en quatre, puis en seize, etc jusqu’’à ce qu’’il n’y ait que des petits morceaux.

Je les ai mis dans un bol pour les rassembler.

 

Une fois ce travail accompli, elle m’a demandé de me mettre debout et d’éparpiller tous les bouts de papiers autour de moi par terre et sur les objets qui m’entouraient.

Puis elle m’a fait tourner sur moi-même, les yeux fermés. Enfin, elle m’a proposé de recomposer la feuille A4 !

 Eh bien crois-moi, il n’y a rien de plus décourageant : Tous les morceaux se ressemblent !, la quantité est impressionnante. Comment, face à ce désordre apparent, retrouver une unité ? L’attention est diffuse, on saute avec le regard d’un papier à l’autre sans trop bien savoir quoi faire. « Ca me dit-elle, c’est une illustration concrète de la confusion ! » elle n’avait pas tort…

Après un constat ressenti de l’intérieur, j’acquiesçais résolument à sa définition illustrée : c’était le désordre total, décourageant, apparemment impossible à remédier, du moins sans une méthode.

 

Et c’est là que je veux en venir maintenant.

Une méthode pour sortir de la confusion.

Dans l’absolu, c’est simple : il faut commencer par un bout. Eh oui, pas plus compliqué que cela ! et En l’appliquant à notre situation de la feuille éparpillée, elle me dit :

«Concentre-toi et choisis un morceau de papier sur lequel tu repères ton dessin et dont les contours sont moins abîmés que les autres. Prends-le, puis mets-le sur la table ».

Concrètement, choisis un élément de ton interrogation qui te semble le moins problématique dans le tas ou qui te rappelle quelque chose de rassurant (le dessin) et fixe ton regard dessus. Tu peux t’appuyer sur ta foi aussi grande qu’un grain de sable ! Même si ce n’est qu’UN élément, c’est le premier en fait.

 

Cette technique apporte une valeur équilibrante car tu SAIS sur quoi tu te bases, ici et maintenant. Dans la confusion, tout bouge, tout s’agite. Les papiers sont éparpillés sans dessus dessous, le dessin visible ou non. Puis, prends un autre morceau, cherche le dessin et place-le par rapport au premier morceau : de quoi es-tu sûr dans ta vie ? Quelle est la pierre angulaire sur laquelle tu peux bâtir ? Petit à petit, ajoute les éléments du puzzle autour de lélément de base stabilisé.

 

Cette méthode a plusieurs avantages : elle recentre, concentre l’attention sur une seule action à la fois, donnant ainsi l’impression que le bateau tangue beaucoup moins.  Elle redonne une vision d’ensemble petit à petit et donne une sorte de confiance nouvelle : Si j’ai pu trouver une place à un bout de papier, je trouverai la place des autres aussi. Et Si j’ai pu distinguer mes vraies valeurs, je pourrai reconstruire… ou démolir ce qui n’a pas lieu d’être.

Morceau après morceau, lentement, la feuille A4 se rassemble et le dessin devient visible. On en oublie du coup toute l’énergie dépensée inutilement à angoisser de voir tous les morceaux éparpillés.

 

Morceau par morceau tu peux donner un sens à ta vie, le premier miracle ayant été de t’arrêter pour chercher la base. Pourquoi suis-je sur cette terre ? Qu’ai-je à y faire ? Comment rendre le monde meilleur qu’avant d’y avoir passé quelques décennies ?

 

J’ai beaucoup aimé le film « Un monde meilleur ». Un garçon d’une dizaine d’années relève le défi un peu fou que son professeur a proposé : Que puis-je faire pour rendre vraiment le monde meilleur ? Il invente alors un système d’entraide totalement désintéressé à offrir à 3 personnes dans sa vie. Et ces trois personnes font de même, etc… Le résultat est hallucinant ! Très beau film ! Que pouvons-nous faire pour rendre le monde meilleur dans la situation de confusion où l’on est peut-être actuellement ?

 

Une situation de décision t’angoisse ? Tu as l’impression d’être dans une impasse ? Alors analyse l’élément qui semble ne pas être mis en question et pose-toi dessus. De cette vision, ajoute petit à petit les questions qui restaient sans réponse, autant qu’il y en a jusqu’à ce que l’angoisse de la confusion s’évapore. …

 

Mon père m’a donné une image paraît-il courante en Orient : Si tu as un tas de pastèques à déplacer d’un point à l’autre, ne regarde pas le tas en lui-même mais prends une pastèque après l’autre et amène-la à sa destination finale. Puis une deuxième, etc. Si tu portes trop de pastèques en même temps (pour aller plus vite par exemple), tu risques d’en laisser tomber au passage et chacun sait qu’une pastèque, c’est fragile au transport, ca s’éclaffe !! Une pastèque après l’autre, à bon port.…

 

Article écrit le Vendredi 15 avril 2005

 

Mathilde et son Dragon (logiciel)

 

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